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Kristiane Lemé-Hébuterne, Stalles_en_Provence._Les_stalles_médiévales_de_l%27église_Notre-Dame_d%27Embrun._Aurorae_Libri_éditeur%2C_Valensole%2C_2021" target="_blank">Stalles en Provence. Les stalles médiévales de la cathédrale Notre-Dame d’Embrun, Auroræ Libri, Valensole, 2021.Stalles" data-align="right" data-entity-type="file" data-entity-uuid="b012d308-b839-46e9-809d-93f024a674ad" height="208" src="/sites/default/files/inline-images/Stalles_2021.png" width="152" />

Colloque, les 20 et 21 novembre 2020 : « Les stalles de la cathédrale d’Amiens : 500 ans »  

Ce colloque précédé d’une stalles-chaires-et-sieges-amiens-novembre-2020">journée d'études est organisé à l'occasion des 500 ans de la pose des stalles de la cathédrale d'Amiens. Il s'intègre au programme de célébration des 800 ans de la cathédrale d’Amiens.

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Journée d'études, le 19 novembre 2020, Musée de Picardie, Amiens : « Stalles, chaires et sièges ».

Stalles-Amiens_Programme.pdf" target="_blank">Programme

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Outre les partenaires institutionnels issus de l'ex GDR SALVE, d'autres entreprises ont entretenu ou entretiennent des relations étroites avec les Fasti, sur lesquels elles sont venues se greffer.

 

PICRI

Plusieurs membres des Fasti sont intervenus dans le projet PICRI (Partenariat institution-citoyens pour la recherche et l'innovation) « Meaux, une cathédrale au cœur de la ville » (UMR LAMOP et Région Île-de-France). Il a permis l’élaboration d’une base de données.

Ce projet a été dirigé par Christine Barralis et Pierre Charon (Société historique de Meaux et de sa région). Hélène Millet et Georges Asselineau (Bibliothèque diocésaine) étaient membres du comité de pilotage.

Les thèmes ont été les suivants :

  • L'implication du chapitre cathédral de Meaux et de ses membres dans la vie sociale et politique de la cité meldoise du XIe s. à 1789.
  • Le fonctionnement du chapitre cathédral : origines et sens de ses pratiques administratives et religieuses ; rôle du chapitre dans les modes de dévotion de la société meldoise.

 

CORELPA (2007-2011)

Les Fasti ont été partenaires du programme « Corpus électronique des lettres des papes des XIIIe et XIVe siècles », financé par l’Agence nationale de la recherche. Inauguré en janvier 2007, ce programme associait l’UMR 5648 (CIHAM),l'IRHT, l'EFR, l’EA 3152 (Université d’Avignon) et les Éditions Brepols. Il était coordonné par Jacques Chiffoleau. Il en résulta la base de données Ut per litteras apostolicas qui met en ligne les lettres pontificales et permet une série de requêtes. La participation du LAMOP et des Fasti au projet consistait en l’étude de l’efficacité des décisions pontificales. Il s’agissait de procéder à la confrontation des renseignements recueillis dans les sources locales aux interventions pontificales en matière bénéficiale. Au cours de leurs réunions bisannuelles, les membres des Fasti ont à plusieurs reprises fait le point sur les procédures d’interrogation de la base Ut per litteras apostolicas en vue d’obtenir des réponses mieux ciblées au requêtage. Prévue initialement, la mise en relation des bases de données Ut per litteras apostolicas et Fasti Ecclesiae Gallicanae n’a pas abouti. En revanche, la refonte du logiciel Fasti par Stéphane Raux fut financée dans le cadre de CORELPA. Ce programme s’est prolongé dans le cadre d’un axe de recherche de l’École française de Rome.

 

 

Union européenne

Hélène Millet avait coordonné le projet Legacy, présenté sans succès auprès du programme européen « eContent-plus » en 2008. Le réseau ainsi constitué a cependant donné naissance à un GDRE (Groupement de recherche européen, financé par le CNRS), intitulé Aux fondements de la modernité étatique en Europe, l'héritage des clercs médiévaux, animé par Dominique Iogna-Prat et Fabrice Delivré (2010-2012).

 

Stalles

Kristiane Lemé-Hébuterne, docteur en histoire et collaboratrice des Fasti, mène des recherches concernant l'iconographie de la fin du Moyen Âge et des débuts de la Renaissance en France (XVe-XVIe siècles), particulièrement à travers l’étude des stalles et des sculptures qui les ornent. Outre son implication au sein des Fasti, elle est l’un des membres fondateurs de l'association stalles-de-picardie.html">Stalles de Picardie. Outre ses travaux sur le nord de la France, Kristiane Lemé-Hébuterne conduit une étude sur les stalles des cathédrales d’Embrun et de Vence dans le cadre d’un programme collectif.

 

Collégiales

Constituée d'une vingtaine de chercheurs (professeurs, maîtres de conférences, enseignants du secondaire, doctorants, bibliothécaires, archivistes), l’équipe avait en charge l’un des sous-axes du laboratoire LAMOP, « histoire des collégiales médiévales » (axe VI, « l’Église, corps social, XIIe-XVIe siècles) » et relève désormais du thème Réseaux et communautés.

Elle se réunit deux fois par an, une fois en hiver à Paris pour une journée et une fois en été en province pour un week-end. Les réunions se composent soit d’un bilan sur l’avancée du travail commun et sur ses modalités, soit d’une journée d'études sur un thème afférent au projet et donnant lieu à publication, ainsi que d’une visite des églises collégiales de la région d’accueil.

Le principal projet scientifique est l'établissement d'un répertoire des collégiales séculières qui ont vu le jour durant la période médiévale. Le cadre géographique précis est celui des diocèses dans leurs frontières médiévales, dont une partie au moins des paroisses étaient en France au début du XVIe siècle ou le sont actuellement. Le répertoire commence au concile d’Aix de 816 (les établissements nés avant 816 ne sont retenus que s’ils ont perduré) et s’achève en 1530. Il se présente sous forme de base de données XML. Désormais, le groupe Collégiales est intégré au programme COL&MON financé par l’Agence nationale de la recherche.

 

 

Compte rendu de la réunion de l'équipe des Fasti du 26 janvier 2007

 

Parutions

  • Thérèse Boespflug, La curie au temps de Boniface VIII. Etude prosopographique , Rome, 2005. Ce livre est à utiliser pour l'établissement des bases de données diocésaines.
  • Véronique Julerot , « Y a un grand desordre ». Elections épiscopales et schismes diocésains en France sous Charles VIII , P.U.Sorbonne, 2006.
  • Thiéry Pécout, Un symptôme : le concile provincial de Riez en 1286 et les redéfinitions de l' officium episcopi en Provence, Annuarium Historiae Conciliorum , t. 37, 2005, p. 109-138.
  • Vincent Tabbagh , Gens d'Eglise, gens de pouvoir (France, XIIIe-XVe siècle) , Editions Universitaires de Bourgogne, 2006 (à signaler en particulier : Une famille de grands clercs au XIVe siècle : les Molins entre dévotion, ascension sociale et service de l'Etat, p. 53-85, Les évêques du royaume de France en 1438, p. 87-186, Portraits de chanoines en banquiers : les chapitres cathédraux de Paris et de Rouen à la fin du Moyen Age, p. 187-204).
  • Pierre Chastang , S'enrichir au Moyen Âge : le parcours de Guilhem Rainard, chanoine d'Adge (†1176)

 

Nouvelles

Soutenances de thèse :

  • en décembre, Fabrice Delivré : L'évêque du premier siège. La papauté et l'office de primat-patriarche dans l'Occident médiéval (fin XI e -début XVI e siècle).
  • en mars, Jacques Madignier : Le chapitre cathédral d'Autun, du XI e siècle à la fin du XIV e siècle.

Laurent Vallière a regroupé les références bibliographiques déjà mentionnées dans les notices bibliographiques des FEG (volumes publiés), en vue d'uniformiser leurs abréviations. Cette liste sera diffusée ultérieurement.

Une liste des courriels des membres des Fasti sera diffusée avec ce CR. Merci de bien vouloir signaler d'éventuels oublis ou inexactitudes à Irmine Martin.

Le site d'information des Fasti a été pris en charge par Willy Morice, Jean-Nicolas Rondeau ne donnant malheureusement plus signe de vie. C'est aussi Willy Morice qui assure la permanence de l'ouverture de la salle G 687 à la Sorbonne. Par suite d'ennuis de santé, il risque d'être absent dans les semaines qui suivent. Il est recommandé de téléphoner avant de se déplacer (01 40 46 31 73).

L'IRHT annonce le projet d'une carte SIG sur les diocèses en lien avec sa base de données des cartulaires (contact: Christophe Jacobs, www.cn-telma.fr, mail).

L'IRHT (Iéna) possède désormais les registres numérisés des archives du Vatican (jusqu'au milieu du XVe s.) qui étaient jusque là disponibles à Orléans. Ceux du XIIIème s. et quelques autres sont aussi disponibles à Montpellier (d'Innocent III à Clément V inclus, Clément VI et Benoît XIII).

Lors d'un colloque organisé par les Fasti Ecclesiae Portugaliae, Hélène Millet et Stéphane Raux ont présenté la base de données sur site.

Quelques résumés des interventions de la 2de journée « Devenir évêque » sont consultables sur le site du LAMOP.

Un appel à communication pour un colloque sur les manuscrits musicologiques de la bibliothèque d'Amiens est transmis par Pascal Montaubin.

Le colloque « Cathédrale et pèlerinage » organisé conjointement par les programmes « Fasti » et « Pèlerinages et sanctuaires » du GDR Salvé aura lieu à Nanterre les 28 et 29 mars 2008 . Ci-joint, l'argumentaire. Ceux d'entre vous qui, intéressés par ce thème, n'auraient pas encore répondu au questionnaire qui a été diffusé sont invités à le faire rapidement auprès de Catherine Vincent: catherine.vincent14@wanadoo.fr (mail).

 

Le programme CORELPA (CORpus Electronique des Lettres des PApes XIIIe-XIVe s.) : l'efficacité des décisions pontificales.

Présenté à l'Agence Nationale de la Recherche , le programme CORELPA a été accepté. Des crédits serviront à compléter le CD-Rom « Ut per litteras ». Coordonné par Jacques Chiffoleau (URM 5648, U. Lyon II), le programme associe l'IRHT, Brepols, l'équipe des archives pontificales d'Avignon et le LAMOP. Pour celle du LAMOP, il s'agira de juger de l'efficacité des décisions pontificales en évaluant les réussites des expectatives. Le papier destiné à recueillir les noms des personnes qui désireraient être associées à ce programme ayant disparu, vous êtes invités à vous manifester auprès d'Hélène Millet.

 

Présentation du projet européen en gestation

Leontina Ritan , ingénieur-projet Europe, mise à disposition du GDR par le CNRS pour le montage d'un projet européen dans le cadre du 7 e Programme Commun de Recherche et de Développement (Union Européenne) a présenté en quoi consistaient les appels d'offre publiés en décembre dernier. Deux possibilités s'offrent : le programme Coopération et un sujet traitant de la citoyenneté européenne (à remettre le 10 mai 2007) ou bien le programme Infrastructures sur un appel visant « les archives et les collections culturelles » (pour début 2008). Après consultation, tant en France qu'à Bruxelles, il est apparu que, sans que la première solution soit franchement impraticable, la seconde serait mieux adaptée à partir du moment où une base de données est effectivement tenue pour une infrastructure. D'importants financements sont en jeu. Les Fasti se prévalent de plusieurs partenaires européens (Brepols, Fasti Ecclesiae Portugaliae, Fasti Ecclesiae Anglicanae, deux centres de recherches croates et hongrois). Une réunion de concertation des responsables nationaux est prévue début avril.

 

Françoise Hildesheimer, Les recherches dans le fonds du Parlement de Paris.

Responsable du fonds du Parlement de Paris, Françoise Hildesheimer nous donne un inventaire très complet de ses archives (avec les mentions des éditions ou des fichiers qui les dépouillent). Il est rappelé que la clef de la recherche est la procédure et que les copies de la collection Le Nain (série U) sont toujours d'une grande pertinence.

 

Fabrice Delivré , Les primats dans la sphère bénéficiale : la confirmation des élections épiscopales (XV e siècle)

Fabrice Delivré développe un aspect de sa thèse récemment soutenue sur les primats (XIe-XVe s.). En Occident, les Faux isidoriens du IXe s. alimentent les origines de cette institution ecclésiale. Les primats revivent ensuite grâce à la réforme dite grégorienne et réapparaissent enfin au XVe s. au service d'idéaux réformateurs, mais au sein de l'Église gallicane seulement. Jusqu'à présent et à moins de trouver un « dossier » archivistique, les historiens minoraient les interventions primatiales en ne les traitant que sous l'angle anecdotique, sans en comprendre véritablement la portée. Par ses amples dépouillements, FD met au jour ce nouveau « nœud » des institutions bénéficiales de la fin du Moyen Age. La primatie est revendiquée par les archevêques de Lyon, Vienne, Bourges, Narbonne, Bordeaux, Rouen et Sens.

Au XVe s., l'activité des primats est scandée par trois temps forts : la soustraction d'obédience et la période de neutralité du royaume, la Pragmatique Sanction , l'après Louis XI.

En 1457, l'archevêque de Lyon et primat se pose en collateur ordinaire de la nouvelle prébende théologale du chapitre cathédral de Rouen (comme RO385 l'indique). L'archevêque de Rouen, l'ultramontain Guillaume d'Estouteville et la victime de cette intervention, porte la cause devant le Parlement de Paris… qui donne raison aux prétentions du primat en vertu des principes de la Pragmatique Sanction (souci des appels gradués et volonté de juger dans les limites du royaume). Un procès mené en cour de Rome dans les années 1450 par Estouteville visait à obtenir pour Rouen l'exemption de la tutelle lyonnaise. Les archevêques rouennais prétendent ensuite à la primatie de Normandie, mais dans les limites de leur seule province, comme les archevêques de Bordeaux veulent se libérer dans leur province de la domination du primat de Bourges. Sous l'Ancien Régime, Lyon est uniquement primat de Sens et de Tours.

Trois autres collations de prébende par l'archevêque de Lyon sont attestées au chapitre cathédral de Paris.

Les primats interviennent dans toute la France pour infirmer ou confirmer une vingtaine de successions épiscopales, ce qui trahit une pratique cohérente. Voulant exercer une juridiction réelle sur une province dont ils ne sont pas les métropolitains, les primats s'opposent à la centralisation pontificale des causes et des bénéfices. La primatie est un échelon réel de la hiérarchie ecclésiastique française du XVe s. Cette institution est capable de produire ses preuves - retrouvées dans des textes des XIe-XIIIe s. - pour justifier la justesse de son existence. FD ne pense pas que des faux furent inventés au XVe s. Les années 1480 marquent à Lyon un certain effacement par le refus d'intervenir de Charles de Bourbon. A cette époque, l'archevêque de Vienne s'intitule primas primatum.

Vincent Tabbagh doute du degré de fiabilité accordé aux preuves produites, d'autant que les originaux vidimés ont pour la plupart disparu.

NB : un tableau des confirmations d'élections épiscopales par les primats au XVe s. a été diffusé.

 

Laurent Vallière, Notice institutionnelle du diocèse de Poitiers.

En vue de la prochaine parution du volume de Poitiers, Laurent Vallière présente la notice institutionnelle du siège de saint Hilaire. Vaste espace de 1220 paroisses réparties en trois archidiaconés, le diocèse de Poitiers est démembré en 1317 par Jean XXII pour créer les diocèses de Luçon et Maillezais. La cité compte trente paroisses et quatre collégiales séculières (avec notamment 23 chanoines à Saint-Hilaire-le-Grand). Entre 1200 et 1500, 20 collégiales dans le diocèse se partagent environ 200 canonicats dont un tiers à Poitiers.

L'évêque, qui détient une prébende, doit entretenir les cloches et clochers et fournit les ornements du maître-autel de la cathédrale Saint-Pierre. Ses communs services s'élèvent à 4 400 fl. au XIIIe siècle, à 2800 livres après 1317. R. Favreau évalue les revenus épiscopaux à 1 620 l .t. en 1430 et à 10000 à la fin du siècle.

Le premier official est cité dans les années 1220. Il existe trois officialités foraines à Aizenay, Niort et Chauvigny au XIIIe s. qui relèvent de l'official de Poitiers, seul cité dans les textes. Les archidiacres n'ont jamais eu quant à eux d'official.

La collégiale Saint-Hilaire est plus riche que le chapitre cathédral (taxé à 170 l .t. en 1383). Le chapitre compte 21 prébendes pour 24 chanoines (18 ont une prébende, 6 autres une demi-prébende sacerdotale). Un document fiscal de 1382 cite quatre dignités (doyen, chantre, écolâtre, prévôt) suivies de personats (sous-doyen, sous-chantre, archidiacres de Poitiers, de Brioux, de Thouars, chevevier, abbé de Notre-Dame). La chevecerie est unie à la mense capitulaire en 1389. L'écolâtrie fut supprimée avec plus de difficultés au début du XVe s.

Les chanoines disposent de prébendes égales mais aussi d'acensements qui sont affermés aux plus offrants (1316). Pierre Desportes suppose que telle maison canoniale pouvait être adjointe à telle prébende.

Vincent Tabbagh remarque que le doyen a la particularité remarquable d'établir et de destituer les curés des paroisses de la cité et des faubourgs.

 

Karine Corre et Kristiane Lemé , Les stalles de la cathédrale de Poitiers.

Les 74 stalles de la cathédrale de Poitiers sont les plus anciennes conservées en (de) France ; un plan de 1767 en indiquait 98. Les jouées et les retours des stalles ont disparu. Les archives du chapitre ont brûlé en 1562, il faut donc se résoudre à utiliser les Annales d'Aquitaine (1525) qui attribuent la commande de ces stalles à l'évêque Jean de Melun (1235-+1257). Or ce serait un cas bien exceptionnel puisque les stalles du nord de la France sont, pour autant qu'on sache (Rouen, deuxième moitié du XVe s., Amiens au début du XVIe s.), financées par les chanoines. Dans le Midi, (les) certains ensembles de stalles sont (payées) financées par l'évêque, mais à partir de la Renaissance. Par la méthode comparative, Karine Corre et Kristiane Lemé situent les écoinçons des hauts-dossiers - sans dais - dans les années 1240. Un diaporama analysa les sellettes des miséricordes et les fines décorations des écoinçons, mit en relation ces stalles et des dessins de Villard de Honnecourt. Une analyse dendrochronologique, cependant coûteuse et peu prisée des conservateurs des M.H. pour ce type de mobiliers, permettrait d'être plus catégorique quant à la datation.

Hélène Millet remarque que la grande interpénétration institutionnelle entre le chapitre et l'évêque de Poitiers (qui est chanoine) pourrait expliquer que la commande ait été passée par l'évêque. C'est à lui qu'incombe l'entretien de la cathédrale. Les chanoines n'ont pas de trésorier, dignitaire qui, en bien d'autres chapitres, s'occupe précisément de cet entretien. Jean de Melun a probablement agi de concert avec le chapitre dont il était membre à part entière.

Compte rendu rédigé par Jean-Vincent JOURD'HEUIL

Chaque volume repose sur l’établissement d’une base de données informatisée regroupant les différents évêques, dignitaires et chanoines d’un diocèse donné. La conception d’une telle base s’effectue dans le cadre d'une base de données accessible sur internet, dont l’accès est réservé aux collaborateurs des Fasti, sur demande.

L’établissement d’une telle base de données se fait après dépouillement des principales sources locales et des grandes collections de sources pontificales éditées.

Chaque volume se présente sous la forme d’un répertoire de notices uniformisées, rangées dans l’ordre alphabétique des prénoms latins (voir pour exemple les volumes publiés). Il est toujours précédé :

  • d'un chapitre expliquant le fonctionnement des institutions du diocèse, accompagné d'une carte de ses subdivisions,
  • d'une bibliographie se rapportant au diocèse,
  • d'une liste des sources utilisées,
  • d'une présentation détaillée de chacun des évêques,
  • d'une liste des dignitaires, des chanoines prébendés et des auxiliaires des évêques.
  • Des informations sont aussi données sur le quartier canonial (descriptif du quartier canonial, autels, stalles, vitraux...), les reliques, les livres encore conservés. Chaque volume comporte aussi des tables chronologiques pour les évêques, leurs auxiliaires et les dignitaires du chapitre cathédral. Jusqu'au volume 9 inclus, ces tables figurent en tête du livre. À partir du volume 10, il faut les chercher à la fin.
  • Depuis le quatrième volume, une attention accrue est portée aux clercs qui ont pu prétendre au titre de chanoine ou qui ont été, à tort, donnés pour avoir été membres du chapitre: les exclus.

On trouve enfin trois sortes d'index pour repérer les individus :

  • index des noms, en latin ou en langue vernaculaire,
  • index des diocèses cités en matière bénéficiale,
  • index des numéros d'identification donnés à chaque individu.

Normes destinées aux auteurs des volumes.

Recueil des cartes diocésaines

 Pour commander le volume.

Contenu du volume :

  • 253 pages.
  • 475 notices prosopographiques.
  • 25 biographies d'évêques.

Dans le volume consacré à Rodez, on trouvera une carte du diocèse, une notice sur les bibliothèques canoniales et les livres conservés à la cathédrale, une notice sur les stalles et une étude sur le quartier canonial comportant un plan fondé sur le livre d’estimes de 1449. « (...) ce volume apporte une précieuse contribution à la prosopographie rouergate du second Moyen Âge. » (Jean-Loup Lemaitre dans Revue d'histoire de l'église de France, tome 89, n° 223, juillet-décembre 2003, p. 439-442).

  • Note liminaire, par Hélène Millet, directeur du programme
  • Extrait du volume : "Les vicaires, auxiliaires de l'évêque", pages 60-61.
 

Diocèse de Rodez : note liminaire, par Hélène Millet

Depuis le 1er janvier 2002, les Fasti Ecclesiae Gallicanae ont franchi une nouvelle étape administrative. Connus du CNRS comme un programme du Groupement de recherche GERSON (GDR 1132), les Fasti pouvaient redouter les effets néfastes de la dissolution de ce GDR, atteint par la limite d’âge légale, après huit années de bons et loyaux services. Mais nos autorités de tutelle – la Commission 32 de la Recherche scientifique et la Direction du département des Sciences humaines et sociales – ont reconnu les bienfaits d’un organisme spécifique aux travaux d’histoire religieuse et ont autorisé la formation d’un nouveau GDR. Dénommée SALVÉ (Sources, Acteurs et Lieux de la Vie religieuse à l’époque médiévale), cette fédération de projets impliquant la collaboration de douze établissements d’enseignement supérieur ou de recherche est à la fois placée sous le signe de la continuité et riche de potentialités. Sur ses sept programmes, deux ont été lancés à l’occasion de sa création, et cinq proviennent de GERSON, non sans avoir subi des transformations, au moins pour trois d’entre eux.

Les Fasti Ecclesiae Gallicanae sont l’un des deux projets qui continuent sur leur lancée. En pleine phase de production, notre programme a plus besoin de suivi que de rénovation ! Les cadres dans lesquels s’effectuent les recherches, les objectifs à atteindre et les modalités de la collaboration entre chercheurs sont désormais bien établis. L’attente du public porte sur la parution de nouveaux volumes. En revanche, les procédures informatiques sur lesquelles reposent la fabrication des bases de données et la production des livres de la collection ont besoin d’être révisées. Pour ce faire, comme tant d’autres équipes de recherche en Sciences humaines, nous souffrons cruellement du manque d’informaticiens attachés à nos organismes, auprès de qui travailler dans la longue durée. Autant il est facile de trouver un financement pour l’achat d’une machine, autant la course d’obstacles est épuisante pour mettre en place une application, y intégrer les nécessaires mises à jour et débloquer les « plantages » ! Or voici maintenant six ans que la chaîne de traitements auxquels sont soumises nos bases de données a été mise au point. Et six ans, c’est un siècle dans le monde de l’informatique ! Les logiciels qui nous étaient familiers ont vieilli plus vite que nous. Un sérieux lifting s’impose… que les collaborateurs espèrent et redoutent à la fois. Nous espérons qu’il rendra moins acrobatique la phase finale d’édition. Le lecteur quant à lui ne devrait même pas avoir conscience du changement : l’informatique est à la fois ancillaire et tyrannique.

Les adeptes d’Internet ont dû remarquer que notre site s’était assoupi. Pourtant, un dialogue a commencé à s’amorcer entre les lecteurs et les colla­borateurs par ce canal. Mais l’IRHT qui nous héberge gracieusement a, tout comme nous, essuyé quantité de difficultés ; sans accès au site, nous étions dans l’impossibilité de le mettre à jour. Il devrait rouvrir prochainement, après refonte, mais au prix d’un changement d’adresse.

Matthieu Desachy a commencé à travailler sur les chanoines de Rodez lorsqu’il était élève à l’École des chartes. Pour sa thèse, il avait déjà fabriqué une base de données, sans même avoir pu disposer d’un tirage sur papier présentant ses notices de manière satisfaisante : les procédures d’édition dont nous nous plaignons aujourd’hui n’existaient pas encore. Il a utilisé les années qui le séparent de ces temps héroïques à continuer d’explorer un fonds d’archives capitulaires quasi inépuisable. Si certains ont à déplorer les pertes et les destructions, lui a dû gérer l’abondance. Ses notices comportent donc des détails sur l’accès au chapitre qu’on serait bien en peine de fournir pour d’autres diocèses, notamment, en bien des cas, la date de prise de possession de la prébende. Il a également souvent pu préciser la stalle assignée à chacun, et il aurait pu établir des tableaux de présence au chœur à partir des pointes…

Après Agen, Rodez contribue donc à tirer les Fasti vers le Midi. Et comme Matthieu Desachy est un fervent praticien de la langue d’oc, il s’est attaché à nous livrer les noms de ses chanoines avec les originalités de la graphie locale. Lorsque le moment sera venu de verser au pot commun du CD-Rom la base de données ruthénoise, il conviendra de faire se retrouver les Cardaillac avec les Cardalhac et les Plainechassagne avec les Planecassanhe. Voici encore un chantier à faire progresser. En attendant, les numéros d’identification assignés à chacun suffiront à lever toute ambiguïté.

Orléans, le 7 novembre 2002, Hélène Millet, directeur du programme.

Erratum:

Sur le rabat de couverture du volume d’Agen, deux coquilles se sont glissées:

  • L’une est facile à corriger : la structure des notices épiscopales comporte deux numéros 8.
  • L’autre est une erreur de code (heureusement non utilisé dans le cours du volume sur Agen) : Besançon est abrégé en BS et non pas en BE. La même erreur se retrouve à la page 129.
 

Extrait du volume concernant le diocèse de Rodez

Les vicaires, auxiliaires de l'évêque (pages 60-61)

Vicaires

Vicaires

Vicaires administrateurs

Vicaires administrateurs


(...)

 

 

 
Diocèse Rodez

 

 

Pour commander le volume.

Contenu du volume :

  • 272 pages.
  • 890 notices prosopographiques.
  • 26 biographies d'évêques.

Ce volume contient en outre une carte du diocèse, ainsi qu'un chapitre sur les livres de la cathédrale et une notice accompagnée d’un plan pour les stalles et pour le quartier canonial.

  • Présentation de la collection, par Hélène Millet, directeur du programme
  • Présentation du volume.

 

présentation de la collection des Fasti Ecclesiae Gallicanae, par Hélène Millet

Le présent volume ouvre une collection qui devrait, à son terme, compter 130 fascicules. Autant de fascicules que la France — considérée dans ses limites actuelles — recouvrait de diocèses après les créations de Jean XXII en 1316-1318. Dans chaque volume, le lecteur trouvera des tables chronologi­ques pour les évêques, leurs principaux auxiliaires et les dignitaires du chapitre cathédral ainsi que des notices biographiques pour eux-mêmes et tous les chanoines prébendés de la cathédrale de 1200 à 1500. Les notices consacrées aux évêques sont rédigées de façon traditionnelle ; les autres sont le résultat de l’édition automatique d’un fichier prosopographique informatisé. Cet ensemble est précédé par une copieuse introduction destinée à éclairer les cadres de la vie diocésaine et à faciliter la compréhension des renseigne­ments donnés dans les notices.

Sans le concours d’une équipe de chercheurs nombreux et motivés, il ne pouvait être question de lancer pareil programme. Un soutien financier du CNRS et le généreux accueil de l’IRHT lui ont permis de se réunir et de travailler depuis 1990. D’abord constituée en Groupement de recherche (GDR) tout entier occupé à travailler à la collection, elle est devenue partie d’un GDR plus vaste, voué à l’étude des sources religieuses, placé sous l’égide de Gerson et dirigé par André Vauchez. Actuellement forte d’une soixantaine de collaborateurs bénévoles, elle a mis en chantier les volumes de plus de trente diocèses.

Tandis que les Mauristes français élaboraient la Gallia christiana, John Le Neve dotait l’Angleterre de Fasti Ecclesiae Anglicanae. Par son titre et par ses ambitions, notre programme se rapproche davantage de l’entreprise anglaise que de la Française. Comme elle, il a laissé de côté les établisse­ments monastiques et il se contente de donner succinctement quelques informations biographiques ; mais il entend surtout l’imiter dans sa politique de révisions périodiques, que rend désormais plus facile le recours à l’informatique. Si nous n’avions pas été soutenus par l’espoir que nos listes et nos notices seraient un jour corrigées et améliorées, sans doute n’aurions-nous jamais osé les publier, car nous avons une conscience aiguë du caractère lacunaire de nos sources et de leurs difficultés d’interprétation. Mais nous avions aussi la conviction qu’il fallait lancer la recherche pour qu’elle puisse progresser.

Faire paraître au plus vite un premier fascicule nous a paru une tâche prioritaire. Beaucoup mieux que de longs discours, un exemple permet en effet d’expliciter les règles à suivre, aussi bien en matière de recherche que de présentation des résultats. Amiens nous a donc servi de banc d’essai. Durant les quatre années où nous avons travaillé à nos listes et à nos notices, nous nous sommes attachés, Pierre Desportes et moi-même, à définir une méthode. Au fur et à mesure, nous en avons discuté les points les plus délicats en comité de direction et en assemblée plénière. Certains tâtonne­ments ont, sans aucun doute, été préjudiciables à la cohérence du fichier. Mais nous sommes maintenant parvenus à définir un moule dans lequel tous les diocèses parviendront à se couler, sans que les ajustements parfois néces­saires ne viennent mettre en péril l’économie générale du projet.

Car les fascicules des Fasti Ecclesiae Gallicanae, tout en s’efforçant de tenir compte du « génie » propre de chaque diocèse, sont d’abord conçus comme les éléments d’un ensemble et destinés à jouer le rôle d’outil de travail auprès de la communauté des historiens. Ils se veulent opérationnels non seulement à l’échelle du diocèse mais encore de la France entière puisque, durant les trois siècles couverts par l’entreprise, les notables ecclésiastiques séculiers ont eu tendance à former une société relativement homogène qui se jouait des limites diocésaines. A terme, c’est une tranche sociale cohérente que restituera la collection et que matérialisera un Cd-rom où seront cumulées, corrigées et complétées les informations contenues dans chaque volume.

Cette façon de travailler conduira les lecteurs — tel est du moins notre souhait — à coopérer à l’œuvre entreprise en nous signalant les erreurs qu’ils pourront repérer ainsi que les renseignements supplémentaires dont ils dispo­sent. La collaboration sera d’autant plus nécessaire que, pour certains diocèses particulièrement pauvres en sources locales, il conviendra d’élargir la documentation. De ce va-et-vient avec les lecteurs, nous attendons qu’il nous permette de combler peu à peu une lacune importante de l’historiographie française.

Orléans, le 1er avril 1996, Hélène Millet, directeur du programme.

Présentation du volume d'Amiens

La publication, en mai 1996, du premier volume de la collection Fasti Ecclesiae Gallicanae créée par la maison d'édition Brepols a marqué une étape, particulièrement importante, dans la progression des travaux de ce programme. Grâce à ce prototype, les objectifs à atteindre sont désormais clairs, non seulement pour les collaborateurs, mais encore pour la communauté internationale des médiévistes à qui s'adresse cet outil de travail : un recensement du personnel ecclésiastique diocésain (évêques, auxiliaires de l'évêque, dignitaires et membres du chapitre cathédral) de la France (dans ses limites actuelles) entre 1200 et 1500, accompagné de notices prosopographiques pour chacun des individus ainsi recensés.

Le prototype de la collection : le diocèse d’Amiens

Le premier volume de la collection porte sur le diocèse d'Amiens. Il a été réalisé par P. Desportes et H. Millet, avec l'aide de 8 collaborateurs, à partir d'une base de données comportant 1114 enregistrements et concernant 916 individus, la différence entre ces deux chiffres résultant de l'obligation d'effectuer pour un seul individu autant d'enregistrements qu'il a de titres à entrer dans la base.

Ce volume de 260 pages comporte cinq parties :

  • une introduction de 38 pages (avec une carte du diocèse et deux plans) comportant une notice institutionnelle, une étude sur les livres du trésor de la cathédrale, le résumé d'une thèse sur les stalles de la cathédrale, une esquisse sur le quartier du cloître, un répertoire des sources utilisées, et la bibliographie.
  • 12 tables chronologiques pour les évêques et les dignitaires du chapitre (8 pages).
  • des notices biographiques détaillées (34 pages) pour les 26 évêques qui se sont succédé de 1169 à 1501.
  • 916 notices prosopographiques issues de la base de données, rangées par ordre alphabétique des prénoms (132 pages)
  • 3 instruments pour repérer les individus (35 pages):
    • un index des différentes formes de leurs noms
    • un index des diocèses cités en matière bénéficiale
    • un index de leurs numéros d'identification
Carte diocèse d'Amiens

 

 

Compte rendu de la réunion de l'équipe des Fasti du 23 janvier 2009

 

Informations diverses

N.B. : La prochaine réunion de l'équipe des Fasti aura lieu le vendredi 26 juin 2009.

Nous accueillons parmi nous deux nouveaux participants : Mickaël George, qui fait un master 2 sur les institutions du chapitre de Verdun (fin du XIIe s.-XVIe s.), sous la direction de V. Tabbagh, et Mathieu Glaz, qui travaille sur le chapitre de Saint-Brieuc, dans le cadre d'un master 2 sur l'entourage des évêques de Saint-Brieuc, sous la direction d’Yves Coativy.

La refonte de la base de données FEG entamée par Stéphane Raux n'a pu être achevée avant la fin de son CDD. Il ne peut plus maintenant y travailler que sporadiquement, si bien que la migration des données vers le nouveau support technique est reportée pour l'instant.

La base FEG compte désormais plus de 12 000 notices. Notre entreprise sera présentée au congrès du CTHS qui se tiendra à Bordeaux du 20 au 25 avril 2009, sur le thème "Célèbres ou obscurs. Hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire".

Le projet européen déposé par le groupe des Fasti dans le cadre des financements E-Content Plus a été classé 4e, mais seulement 3 projets ont été retenus. Nous allons donc nous réorienter pour l'instant vers la création d'un GDRE (groupement de recherche européen, financé par le CNRS), afin de consolider nos liens avec nos partenaires étrangers, dans l'objectif de monter à terme un nouveau projet européen.

La bibliothèque des Fasti conservée en salle G 687 de la Sorbonne s'est accrue de plusieurs volumes. En particulier, la collection des Analecta vaticano-belgica est désormais presque complète. Si vous souhaitez consulter ces volumes, prenez contact avec Willy Morice, qui vous indiquera quand la salle est accessible (01 40 46 31 73 ; Willy.Morice@univ-paris1.fr), mail.

Le 28 mars 2009 aura lieu à Meaux une table ronde organisée par C. Barralis et le groupe PICRI "Meaux, une cathédrale au cœur de la ville", sur l'histoire du chapitre cathédral de l'an mil à la Révolution.

Du 3 au 5 juillet se tiendra à Beauvais un colloque organisé par le groupe collégiales sur "La collégiale dans la ville (province de Reims)".

Le colloque de Fanjeaux 2009 aura Jean XXII pour objet d'étude.

Amandine Leroux se propose de mettre à disposition de qui en a besoin les notices des collecteurs ordinaires qu’elle a étudiés. La contacter à l'adresse suivante : amandine.le.roux@free.fr, mail.

M. et Mme Hayez nous informent que l'analyse des lettres communes de Grégoire XI est terminée, mais qu'elles ne seront pas publiées et qu'elles sont difficilement consultables pour l'instant. A.-M. Hayez s'intéresse en ce moment aux fonctionnaires pontificaux de la période d'Avignon jusqu'en 1378. Les comptes qu'elle dépouille donnent rarement la liste de leurs bénéfices mais, si on a un chanoine dont on sait qu'il a été fonctionnaire pontifical, il ne faut pas hésiter à la contacter pour qu'elle nous donne les informations dont elle dispose concernant ce personnage : hayez@wanadoo.fr, mail.

Informations sur quelques diocèses :

  • V. Tabbagh a presque fini de rentrer les chanoines de Sens dans la base.
  • J. Mathieu commence le travail sur Carcassonne.
  • J. Madignier aura fini de rentrer les chanoines d'Autun au mois d'avril.
  • S. Guilbert a presque terminé de rentrer les fiches des chanoines de Châlons-en-Champagne.

Ouvrages et articles ayant circulé pendant la réunion:

  • Le Ciel sur cette terre. Dévotions, Église et religion au Moyen Âge. Mélanges en l'honneur de Michelle Fournié, dir. Sophie Cassagnes-Brouquet et Agnès Dubreil-Arcin, Toulouse, CNRS-Université Toulouse le Mirail [coll. Méridiennes], 2008, 389 p.
  • Un article de B. Brouns sur Bernard de Fargues (archevêque de Narbonne, 1311-1341) dans le Bulletin de la Commission archéologique et littéraire de Narbonne, t. 50 (2000 à 2003).
  • Le guide de visite du château de Capestang, demeure des archevêques de Narbonne.

 

Présentation du Corpus philippicum (Xavier Hélary)

Il s'agit d'un corpus initié en 1938 par Robert Fawtier et visant à rassembler l'analyse de tous les actes de l'administration royale produits sous Philippe le Bel (actes du roi lui-même + actes de ses agents + actes reçus par eux). Placé sous la direction d’Élisabeth Lalou, il est aujourd'hui déposé à l'IRHT à Orléans (section de diplomatique) et forme une masse documentaire considérable, largement manuscrite, composée de plusieurs ensembles :

un catalogue des actes émis par Philippe le Bel ou en son nom : environ 6 000 fiches.

un catalogue des actes émis et reçus par les officiers du roi (y compris les gardes des sceaux dans les circonscriptions locales) : plusieurs milliers de fiches.

Pour ces deux premiers catalogues, le corpus tend à l'exhaustivité.

-la Gallia Philippica : ensemble de notices biographiques concernant les personnages importants du règne, conservées sur fiches.

-les Enquêtes ont pratiquement toutes été transcrites, ce qui représente un corpus d'environ 4 000 pages dactylographiées.

-les Comptes : ont été publiés.

Travaux actuels sur le corpus :

-le travail porte essentiellement sur l'informatisation du corpus, qui a bénéficié d'un financement par l'ANR.

-l'an dernier a été publié par E. Lalou l'Itinéraire de Philippe le Bel, qui contient l'analyse des actes du roi. Ces actes devraient prochainement être mis en ligne.

-les 4 000 pages des Enquêtes ont été numérisées et le travail d'indexation en XML a commencé. L'équipe travaille parallèlement à l'édition des testaments royaux et souhaiterait également mettre en ligne les notices de la Gallia Philippica.

Pour consulter ce corpus, il faut aller à Orléans, et prendre auparavant contact avec Xavier Hélary ou Élisabeth Lalou, afin qu'ils soient présents pour expliquer comment consulter le fichier, qui n'est pas d'un maniement très facile, du fait d'un classement un peu complexe (elisabeth.lalou@univ-rouen.fr,mail; xhelary@hotmail.com, mail).

Il a enfin été rappelé qu'E. Lalou s'était servi de ce corpus pour rédiger son article sur les chanoines à la cour de Philippe de Bel publié dans l'ouvrage I canonici al servizio dello stato in Europa, secoli XIII-XVI, dir. H. Millet, Modène, F. C. Panini, 1992.

 

Le trésor de la cathédrale de Sens (Lydwine Saulnier-Pernuit)

Charlemagne figurait parmi les premiers donateurs de ce Trésor, qui était extrèmement important au Moyen Âge. Il nous est connu aujourd'hui par quelques inventaires, celui de 1192 exposé au Trésor lui-même et les autres conservés aux archives départementales de l'Yonne, ceux de 1446, 1464 et un autre daté de la fin du XVe siècle. Les objets qui y sont répertoriés sont répartis en plusieurs catégories : les vêtements liturgiques et tissus ; les reliques et leurs contenants ; les objets d'orfèvrerie : calices, reliures d'orfèvrerie, patènes… ; les bâtons de pré-chantre, etc. Ces inventaires étaient constitués avec grand soin : le travail d'inventaire durait plusieurs jours, était rédigé en double exemplaire, en présence des responsables du chapitre. Plusieurs documents offrent des renseignements sur la vie de ce Trésor au Moyen Âge. Nous savons ainsi qu'il arrivait que les reliques soient envoyées en tournée pour des quêtes, comme en 1446. Plusieurs archevêques ont fait des dons au Trésor, notamment des pièces d'orfèvrerie, qui ont parfois été revendues par la suite (par exemple pour contribuer au paiement de la rançon de François Ier). Même si beaucoup d'objets ont disparu, nous avons des indications permettant de connaître leur forme, leur nature, voire même leur origine : il subsiste de nombreux authentiques de reliques et les inventaires décrivent précisément les objets. Ainsi, ces derniers mentionnent souvent les motifs décoratifs des tissus. De même, pour les pièces d'orfèvrerie, ils signalent leur composition, parfois leur forme et des précisions sur leurs décorations. Tous ces objets n'étaient pas conservés dans un lieu unique : 12 châsses furent placées dans le chœur dans la seconde moitié du XIIIe siècle et certaines pièces (calices, etc.) étaient conservées dans des chapelles. Mais l'essentiel du Trésor est gardé dans un bâtiment spécifique, « le Trésor », qui se présentait comme une excroissance architecturale de la cathédrale. Ce bâtiment existe toujours, bien que sa structure ait été un peu modifiée : la construction actuelle date du XVIIIe s. Le Trésor ancien se trouvait à peu près au même emplacement et s'étendait déjà sur deux niveaux. Dans le « Trésor d'en Bas » étaient placés les objets utilisés au quotidien et dans le « Trésor d'en Haut » étaient conservés les éléments les plus précieux et les plus rares, utilisés seulement lors des grandes fêtes. Un grand soin était évidemment apporté à la protection de ces objets : les documents mentionnent deux portes soigneusement fermées et la présence d'une personne qui dormait sur place (c'était au départ un chanoine, remplacé ensuite par un clerc). Il ne reste aujourd'hui qu'une partie du Trésor médiéval, notamment la Grande Châsse, couverte de plaques d'ivoires et déjà mentionnée dans les inventaires du XVe s., ainsi que les fragments de la vraie croix donnés par Charlemagne en 809.

 

Le diocèse d’Autun: notice institutionnelle (Jacques Madignier)

1. Le diocèse

L’organisation épiscopale du diocèse d’Autun date du IIIe s. Ses limites correspondaient à peu près au territoire de la cité des Éduens ; il dut céder par la suite quelques contrées périphériques pour la création des diocèses de Chalon-sur-Saône, Nevers et Mâcon. L’évêque d’Autun conservait cependant le titre d’episcopus Aeduensium. La division complète en archidiaconés date du dernier tiers du XIIe s. (Autun, Beaune, Avallon et Flavigny, nom des anciens pagi). Chaque archidiaconé est divisé en ministeria, très inégalement répartis. Le diocèse accueillait un puissant réseau d’abbayes (3 féminines, 10 masculines) bénédictines (ex. Vézelay), cisterciennes (ex. Fontenay) ; quelques rares regroupaient des chanoines réguliers (ex. Gigny). En outre, entre 1200 et 1500, 17 collégiales étaient en activité, dont l’apparition s’échelonne de l’an Mil au XVe s.

2. Le siège épiscopal

La première ecclesia eduensis fut bâtie au Ve s. sur la terrasse NE de la ville haute et, dès la période paléochrétienne, Autun accueillait sans doute un puissant groupe épiscopal. La cathédrale Saint-Nazaire fut ruinée par les incursions sarrasines et normandes. Dans la seconde moitié du XIIIe s., un vaste projet de reconstruction en « art nouveau » fut élaboré, mais la cathédrale resta inachevée en raison des difficultés du siècle suivant. On continua cependant d’aller y chercher en procession, tous les dimanches, l’eau bénite. Pendant des siècles, Saint-Nazaire resta pour tous l’ecclesia mater d’Autun ; elle fut rasée au XIXe s. L’actuelle cathédrale Saint-Lazare n’en était pas une au départ : les ducs de Bourgogne avaient décidé de construire ce sanctuaire à partir de 1122 pour en faire une église de pèlerinage, abritant les reliques du saint (y sont installées en 1146). En 1195, le légat Mélior, constatant l’état de détérioration de Saint-Nazaire, prit l’initiative de transformer le sanctuaire en « seconde cathédrale ». De la Toussaint à Pâques, les chanoines devaient dire les heures à Saint-Nazaire, et de la veille de Pâques à la veille de la Toussaint, à Saint-Lazare. La lointaine origine de la dignité des prélats d’Autun (premiers pasteurs de la nation éduenne) les plaçait au second rang de la hiérarchie de la province lyonnaise, et leur donnait le devoir d’administrer l’archevêché en cas de vacance du siège. Depuis le VIe s., ils avaient le privilège de porter le pallium. Dans leur diocèse, ils étaient collateurs de plusieurs dignités du chapitre cathédral, ainsi que de canonicats de plusieurs collégiales. Durant tout le Moyen Âge, les évêques s’impliquèrent dans la vie de leur cité. Comtes de Saulieu, ils détenaient plusieurs baronnies. Au début du XIVe s., leurs revenus étaient taxés à la hauteur de 2000 livres dijonnaises.

3. L’officialité

Les premières mentions d’un official datent du début du XIIIe s. À la suite de conflits d’intérêts entre l’évêque et les chanoines, un traité fut passé en 1319, délimitant nettement les compétences de l’official sur la communauté canoniale. À partir de la seconde moitié du XIIIe s., apparurent les officialités des archidiaconés. Les officiaux furent choisis avec soin par les évêques, recrutés pour leurs compétences juridiques et leur expérience, le plus souvent au sein du chapitre, puis au XIVe s., au sein des universités, étant donné le savoir requis en droits canonique et civil.

4. Le chapitre

On trouve mention du collège de clercs (ecclesia eduensis) entourant l’évêque dès le VIIe s. Après l’adoption de la règle d’Aix de 816, l’évêque Jonas dota en 858 (sur ses fonds personnels) l’Église d’Autun d’un patrimoine foncier susceptible d’entretenir une quarantaine de frères, ce qui fixa pour la suite le nombre de chanoines. Ses successeurs obtinrent pour elle l’immunité pour ses biens puis en matière religieuse, et exercèrent sa protection. Dès le IXe s., les chanoines avaient reçu confirmation du pape de son droit d’élire l’évêque. Au long des siècles suivants, les différends avec l’évêque expliquent plusieurs accords entre les prélats et la communauté qui est désignée comme capitulum dès le second tiers du XIIe s. En dehors du cloître, le chapitre exerçait son autorité sur un certain nombre d’institutions religieuses du diocèse. Les réunions régulières se tenaient dans la salle capitulaire, quotidiennes ou hebdomadaires (samedi, parfois lundi ou vendredi), annuelles (au nombre de deux au XIIIe s. ) Le temporel, fruit des donations épiscopales dès le IXe s. ou de legs laïques, s’ancra d’abord dans la ville haute d’Autun, mais aussi dans des exploitations rurales, dont des vignobles. À partir du XIIe s., l’augmentation du patrimoine dépendit de la seule activité des chanoines : acquisitions, rituels d’inhumation en échange de fondations… Une enquête très détaillée de 1290, organisée par le doyen Clérambaud de Châteauneuf, décrit avec détails le fonctionnement économique du chapitre.

5. Les dignitaires

Le chapitre comptait 10 dignitaires ; leur hiérarchie a évolué entre le IXe et le XIIIe s. pour s’établir ainsi : doyen, chantre, prévôts de Sussey et de Bligny, archidiacres d’Autun, Beaune, Avallon et Flavigny, abbés de Saint-Étienne et de Saint-Pierre l’Étrier. Les offices rattachés au chapitre étaient tenus par des chanoines puis, à partir du XIVe s., plusieurs furent remplis par de simples clercs : le sénéchal (toujours membre du chapitre ), les terriers qui gèrent le patrimoine, le sous chantre (charge dédoublée au XIVe s.). Ni théologal ni pénitencier, malgré les prescriptions de Latran IV, avant le XVIes.

6. Les chanoines

Les chanoines étaient 38, élus par la communauté réunie en chapitre, pour la plupart issus de lignages aristocratiques féodaux de la cité ou des campagnes de l’Auxois, de la côte ou du plateau bourguignon. La collation pontificale au XIVe s. élargit le bassin de recrutement. Puis, Au XVe s., quand les chanoines eurent retrouvé leur droit de collation, le chapitre fut peuplé de nombreux bourgeois ou nobles issus du service du duc de Bourgogne. La division en prébendes individuelles date sans doute du dernier tiers du XIIe s. lorsque les clercs abandonnèrent la vie commune. Plusieurs systèmes se succédèrent et, finalement, en 1362, le chapitre adopta une organisation semblable à celles d’autres chapitres (5 classes de prébendes selon leurs revenus, les plus lucratives étant attribuées selon l’âge, l’ancienneté et la hiérarchie dans les ordres sacrés). Les prébendes semblent d’un revenu modeste ( au début du XIVe s, elles sont taxées à hauteur de 20 livres dijonnaises). Le doyen et le chantre avaient double prébende. En dehors de ces gros fruits, les petits fruits (nombreuses distributions en grains ou en argent) étaient si importants qu’ils étaient taxés à une valeur double de celle des prébendes. Comme ailleurs, les chanoines cumulaient parfois des bénéfices, et la résidence était assouplie par des dispenses pontificales. Leurs vêtements restèrent d’une grande banalité, suivant la règle de Chrodegang, et ce jusqu’au XIVe s., période au cours de laquelle de nouveaux vêtements apparurent : le surplis recouvrit la tunique, l’aumusse de drap ou de velours garni de soie ou de fourrure vint remplacer le chaperon. Ces nouveautés furent portées à Autun par les clercs qui faisaient carrière à la cour de Bourgogne.

7. Les autres desservants et serviteurs

Certains clercs du bas étaient prébendiers, d’autres non, mais pouvaient détenir des bénéfices ne dépendant pas du chapitre. Dans les stalles hautes aux côtés des chanoines : le vicaire de chœur (en réalité vicaire du doyen, en l’absence duquel il conduisait l’office) et le prieur de Saint-Racho ; dans les stalles moyennes : les curés des églises paroissiales du cloître, les chapelains (une trentaine à la fin du XIVe s.), les chapelains commensaux (attachés au service des chanoines), les clercs de chœur appelés dès le XVe s. les choraux (si la place manquait dans les stalles moyennes, ils siégeaient sur des tabourets appelés stalles basses), les enfants de chœur. À tous ces hommes s’ajoutaient tous ceux qui géraient le temporel de la communauté, clercs ou laïcs, hommes ou femmes.

Questions et remarques :

  • Parmi les serviteurs, qui sont les « pédissettes » ? Ce sont des domestiques si proches des chanoines qu’un dignitaire a demandé à être enterré avec sa pédissette…
  • Pas de sacriste ; aucune trace de qui s’occupe du matériel liturgique. Il existait un coffre de l’évêque où étaient rangés les livres . Il est question du trésor qui doit essentiellement regrouper des livres, mais aucun inventaire n’a été retrouvé. Hélène Millet pense que c’est le chantre qui s’occupait des livres, Jacques Madignier que c’était un simple clerc.
  • École cathédrale ? Il est question d’écolâtres au XIe s. puis aucune trace d’un enseignement avant un chapelain au XIVe s.
  • Commensalité ? Est considérée comme un privilège à Autun ; la raison n’en est pas le faible nombre de maisons qui pousserait les chanoines à loger d’autres clercs, puisqu’au XVe s. il y a trop de maisons.
  • Il ne reste aucune délibération capitulaire, seulement quelques résumés du XVe s., et des archives non classées.
  • Saint-Nazaire et Saint-Lazare : les offices doivent être célébrés dans les deux églises en même temps.
  • Il n’existe au Moyen Âge qu’une seule cathédrale : Saint-Nazaire, définitivement fermée par Jean Rolin au XVe s. Il y a des voyages de reliques entre les deux (tête et bras de saint Lazare vont à Saint-Nazaire, sont vénérés, puis reviennent). Lors des Rameaux, les reliques de saint Lazare ne bougent pas, uniquement celles de saint Nazaire.
  • Saint-Lazare a, par la suite, été appelée "cathédrale", mais Jacques Madignier ne sait pas à partir de quand. Saint-Lazare n’est pas orientée, certainement en raison de la déclivité du terrain et du manque de place.

Le cloître canonial d’Autun

1. Aspect général et limites

C’est au plus tard au début du IVe s. que le siège de l’autorité épiscopale s’établit à l’intérieur du rempart gallo-romain. Le quartier ecclésiastique se concentra dans la partie NE de l’éperon, où furent construit la maison épiscopale, l’église mère, un baptistère, une église dédiée à Notre-Dame, une autre à la Sainte-Croix. Au VIe s. la cathédrale était dédiée à saint Nazaire et à saint Celse. Ce premier quartier disparut brutalement en 731, lors du sac de la ville par les Sarrasins. En un peu moins d’un siècle apparut un nouveau quartier qui allait déterminer l’organisation future de la ville haute : cathédrale Saint-Nazaire et bâtiments claustraux. Ce monasterium avait des dimensions réduites (pas plus de 50 m dans l’une ou l’autre dimension). Dans la première moitié du XIIe s., la rapide construction de Saint-Lazare (1124 à 1146) bouleversa l’aspect du quartier. Elle fut utilisée comme cathédrale à partir 1195.

2. Les bâtiments collectifs

Les bâtiments claustraux, au sud de l’ecclesia mater, étaient organisés autour de deux cours, dont l’une était le cloître proprement dit qui jouxtait Saint-Nazaire. Au XIIIe s., tout était encore en place, même si la vie collective avait été abandonnée. Mais les petites assemblées capitulaires se déroulaient désormais dans la partie droite du porche de Saint-Lazare, appelée pour cela capitellum.

3. Les maisons canoniales

Leur existence a suivi l’abandon de la vie collective à la fin du XIIe s. Les modes d’occupation étaient souples et empiriques, passant entre diverses mains cléricales ou laïques. Des artisans occupaient même certaines maisons. Au début du XIVe s., le chapitre contrôlait un ensemble immobilier de 20 à 30 maisons (le terme de domus canonicalis apparaît pour la première fois dans un extrait de compte de 1435/39), qu’il attribuait au chanoine moyennant un cens, dans les 20 jours suivant sa réception. À partir de 1483, pour éviter le délabrement du parc immobilier, les chanoines doivent acheter une maison dans le cloître et y résider. À leur mort, elle est revendue au profit du chapitre. Aucune maison n’est réservée aux dignitaires mais, à partir du XIIIe s., à des fondations pieuses.

4. Les cimetières du cloître

À partir du XIIIe s., le quartier de la cathédrale fut transformé en zone cimitériale, essentiellement au profit de Saint-Lazare, qui emporta la mise sur le monasterium. Ainsi, les chanoines longtemps restés fidèles aux sanctuaires du monasterium, envahirent le porche de Saint-Lazare à partir de la fin du XIIIe s. L’église elle-même devint à partir du XIIIe s. la nécropole épiscopale (de 1245 à 1500, 10 évêques sur 12 y furent inhumés). Les laïcs vivant dans le cloître pouvaient être enterrés sur la place du Terreau.

Questions et remarques:

  • Dernière mention du dortoir : XIIe s.
  • Le fait que des maisons du cloître soient allouées à des laïcs est anormal mais courant ; en revanche, que des artisans et notamment des bouchers y soient installés est original ; c’est normalement interdit.
  • Jacques Madignier précise qu’il y avait même un marché sur la place du Terreau, une foire, à l’intérieur du cloître donc. Une particularité autunoise peut expliquer cela, c’est que depuis la construction de St-Lazare, une rue publique traverse le cloître, alors que les terrains sont privés et appartiennent au chapitre. On a ainsi un cloître fermé traversé par une voie publique, et donc une situation complexe. À la fin du XVe s. les foires ont quitté le cloître et sont descendues dans la ville basse.
 

Les transferts épiscopaux (Vincent Tabbagh et Véronique Julerot)

Plusieurs tables rondes travaux ont eu lieu récemment sur ce sujet.

  • Vincent Tabbagh explique que les transferts épiscopaux sont rares au XIIIe s., que leur nombre augment au XIVe s. en raison de l’importance croissante de l’autorité pontificale, mais qu’au XVe s. (v. 1420-v. 1470), les prélats sont plus stables qu’au siècle précédent, en raion du retour à l'élection et du renouveau de l'image de l'évêque-époux de son Église. À la fin du XVe s. cependant, les épiscopats sont de plus courte durée et l’on en revient à davantage de transferts.
  • Véronique Julerot, dans son étude sur les désignations épiscopales sous Charles VIII, a trouvé 19 cas de transfert (15 par provision apostolique, 4 par postulation au cours d’une élection capitulaire), soit 19,5% de toutes les provisions ou élections recensées (97), concernant 21,1% des 90 candidats. À l’issue des conflits entre élus et pourvus, 8 candidats transférés (6 par provision apostolique, 2 par postulation) restent détenteurs de leur siège. Cela représente 22,8% des candidats vainqueurs. Il est clair que le transfert ne constitue pas la solution miracle pour avoir un siège, mais il occupe une bonne place aux côtés des autres modes de désignation. Remarquons qu’ils sont trois fois plus nombreux à avoir été transférés directement par volonté pontificale que par volonté canoniale. Le nombre de cas n’est cependant pas assez élevé pour permettre une conclusion définitive.
 

Atelier sur la base FEG

Problème d'utilisation de renseignements donnés par des notices non encore publiées :

Lorsque l'on utilise une notice biographique faite par un collègue et qui est disponible en interne dans la base de données, mais qui n'a pas encore été publiée dans un volume papier, il faut indiquer dans le champ "Bibliographie" la référence suivante : « Auteur du volume, Fasti du diocèse X, en cours » (sans indiquer de numéro de personnage). On peut éventuellement rajouter la référence bibliographique d'où provient l'information concernant son propre diocèse à propos de ce personnage, mais seulement si l'on s'est arrangé avec l'auteur de la fiche originelle pour avoir l'information précise, et s'il a donné son accord. Ne rien mettre dans le champ "Fasti".

Le champ "Cumul" :

  • Il ne faut pas y mettre deux qualités ensemble. Si l'on a 2 qualités, il faut faire 2 fiches cumuls différentes.
  • il faut indiquer les cumuls dans les collégiales de son propre diocèse. Il n'est pas obligatoire d'indiquer les canonicats dans des collégiales d'autres diocèses.
  • Le champ "Lieu" de la page Cumuls est à remplir ainsi : « Ville, dédicace de l'église » (par ex. : « Provins, St-Jacques ». Il n'est pas utile d'indiquer le nom de la ville s'il s'agit de la cité épiscopale.
  • A priori, on n'indique pas les chapellenies dans le champ Cumuls.

Comment indiquer la division des portions/terres ? (lorsque les chanoines n'ont pas un prébende mais une terre attribuée).

Il faut indiquer entre parenthèses « division des terres » après l'indication de la source dans le champ "Source". Lorsque cela correspond à une fin de canonicat, l'indiquer aussi dans le champ "Entrée/Sortie".

Permutation :

à indiquer dans le champ "Entrée/Sortie", pas dans le champ "Collation" (dans ce dernier champ, indiquer seulement l'autorité qui a autorisé la permutation : Ordinaire, pape).

Rappel sur les abréviations :

on peut créer des abréviations propres à un diocèse, mais elles doivent être validées, avant utilisation, par le responsable de la base de données (pour éviter les doublons).

 

Glanes de chanoines électeurs (Véronique Julerot)

Véronique Julerot a fait circulé une liste de tous les chanoines et évêques mentionnés dans les articles qu'elle a publiés, avec les références de ces articles. Cette liste et ces références se trouvent en pièce jointe.

Ce compte rendu a été établi par Christine Barralis et Véronique Julerot.

Compte rendu de la réunion de l'équipe des Fasti du 17 décembre 1999

 

Informations générales

Des nouvelles des volumes : Une bonne nouvelle pour commencer : le 4ème volume de la collection, Diocèse de Besançon, par Henri Hours est sorti. Les paris sont ouverts pour le prochain : Agen, Sées ? Très vite suivis par Rodez et Angers ?

Mende ? : La notice institutionnelle du diocèse de Mende sera présentée lors de la prochaine séance par Philippe Maurice lui-même.

Outils de travail

La liste des archidiaconés et des codes qui leur sont attribués a été établie par J.N. Rondeau et H. Millet ; elle a été distribuée aux collaborateurs présents en trois exemplaires, selon des classements par diocèse, par noms latins d'archidiaconés et par noms français d'archidiaconés. Tous ceux qui ont commencé à remplir leur base informatique sont donc priés de mettre à jour leurs codes d'archidiaconés et de vérifier que leurs abréviations personnelles ne sont pas déjà utilisées dans cette liste.

Les fichiers sur le Parlement de Paris, par Christine Barralis et Anne Hubert (voir ci-dessous).

Un tirage du fichier réalisé à partir de l'index du livre d'Heribert Müller sur les participants au concile de Bâle a été mis à la disposition des collaborateurs. Il est possible de demander à H. Millet une photocopie des fiches des personnages qui vous intéressent.

Les livres appartenant aux Fasti et conservés à la Sorbonne ont déménagé. Nous avons quitté la salle 317 pour nous installer dans un superbe bureau remis à neuf : Centre d'histoire médiévale, escalier L, 2e étage, Bureau de prosopographie.

L'équipe d'Avignon chargée de la publication des registres pontificaux travaille actuellement à la réalisation de CD-Rom reprenant l'ensemble des publications faites par l'E.F.R. Le premier d'entre eux, concernant les lettres communes du XIVe siècle, sortira probablement en 2001. Un deuxième CD-Rom devrait porter sur les lettres secrètes du XIVe siècle et un troisième sur les lettres communes du XVe siècle, mais aucune date de parution n'est encore prévue.

Lors du "tour de table", Pascal Montaubin a rappelé qu'il possédait un fichier important portant sur les chanoines italiens de la moitié Nord de la France au XIIIe siècle, et qu'il suffit de lui faire parvenir les notices des chanoines répondant à ces critères pour qu'il les complète.

Les notices épiscopales d'Angers, par Jean-Michel Matz et François Comte

Seulement seize évêques se sont succédé sur le siège d'Angers durant la période qui nous intéresse, mais l'établissement de la liste des prélats pose un certain nombre de problèmes, en particulier pour le XVe siècle. Les responsables du diocèse ont souhaité en débattre avec l'ensemble des collaborateurs afin que nous adoptions tous la même démarche.

Premier problème : qui doit-on indiquer dans la liste épiscopale lorsqu'il y a un conflit entre un évêque élu et un évêque nommé?

Deuxième problème : Auger de Brie, élu en 1479, ne fut pas sacré, mais a prêté serment devant le chapitre, a exercé la charge épiscopale et a même un peu participé à la gestion du temporel. L'Église romaine ne le porte pas sur ses listes épiscopales, mais les érudits locaux le font.

On a fait remarquer qu’un problème similaire se pose plus fréquemment pour les administrateurs apostoliques ; ils ont toutefois reçu la consécration et exercent la totalité des pouvoirs (tenue du bénéfice et pouvoir d'ordre). Ce statut est notamment celui des cardinaux ou patriarches (qui ne portent pas en plus le titre d'évêque). D'autres cas particuliers peuvent encore apparaître (par ex. lors de l'emprisonnement d'un évêque).

Après discussion, les principes suivants ont été arrêtés :

  • Nous n’avons pas vocation à dire le droit, mais à renseigner sur les personnes ayant prétendu au rang d’évêque. C’est pourquoi nous établirons des notices pour chacune de ces dernières. Nous établirons toutefois une nette distinction entre les évêques à problèmes et les autres en énonçant le statut de chacun dans le titre de la notice et en adoptant une typographie différente pour les notices des évêques non consacrés.
  • Bien préciser au point 4 de la notice (consacré aux circonstances de l’accession au siège) quels sont les éléments du problème, en adoptant le vocabulaire trouvé dans les sources.
  • On n’établira pas de notice pour un évêque élu n’ayant jamais prétendu au rang d’évêque (débouté par le Siège apostolique), mais le conflit de succession sera explicité dans le cours de la notice consacrée au vainqueur.

Rappel : pour la rédaction des notices d’évêques, le schéma établi par V. Tabbagh a été appliqué pour la première fois dans le volume de Besançon.

Une précision : dans les références bibliographiques, indiquer les noms des auteurs des notices de dictionnaires.

Les peintures murales de la cathédrale d'Angers, par Marie-Pasquine Subes

Découvertes en 1984, ces peintures étaient cachées derrière les stalles actuelles, sur le mur de l'abside. Elles relatent la vie de saint Maurille, évêque d'Angers, et notamment le miracle de la résurrection de saint René, devenu ensuite chanoine de la cathédrale. D’abord datées du début du XIVe siècle, elles furent plus probablement réalisées sous l’épiscopat de Michel Villoiseau (1240-1260), peut-être sur la commande du chantre et à l’occasion du transfert des reliques de saint René.

Il est intéressant de noter la nette séparation entre l'espace de l'évêque et l'espace du chapitre à l'intérieur de la cathédrale. A l'évêque, le maître-autel (avec la châsse de saint Maurille) et les bancs pour les célébrants qui l'entourent. Au chapitre, l'autel de saint René, situé tout au fond de l'abside, derrière le maître-autel, et devant lequel s'agenouillent les chanoines en allant de la sacristie au chœur (ils font tout le tour de l'abside, suivant un rituel très précis, avant de rejoindre leurs stalles). Une suggestion en réponse à l’interrogation de M.-P. Subes : pourquoi deux scènes sur la consécration épiscopale de Maurille ? La deuxième ne serait-elle pas la confirmation demandée à l’archevêque de Tours ?

Les vignes du chapitre d'Autun, par Jacques Madignier

R. Dion disait que la prospérité des côtes de Beaune, qui ne présentaient pas de différences "naturelles" avec les côtes de Nuit, s'explique par l'intervention des gens d'Autun (où les sols sont impropres à la viticulture). J. Madignier nous a montré que le chapitre fut particulièrement actif dans la création et l'exploitation de ces vignes, comme le rappellent encore nombre de toponymes ("clos du chapitre"…).

Le cœur des biens viticoles du chapitre fut constitué par de grandes donations aux VIIe-IXe siècles. Beaucoup de chanoines firent ensuite de plus petites donations en vignes, généralement sans entamer leur patrimoine, car il s'agissait de pièces achetées exprès pour la donation. On trouve en effet les biens propres des chanoines et des hommes du chapitre tout autour des terres du chapitre, qui sont regroupées autour de quatre foyers : Chenôve, Aloxe, Volnay, Rully.

Ces vignes furent d'abord exploitées sous la surveillance directe des hommes du chapitre, sous la responsabilité du prévôt. A la fin du XIIe et au XIIIe siècles la gestion est décentralisée et confiée à des prévôts locaux ("terriers"), chanoines, clercs, ou laïcs.

Le faire-valoir direct, pratiqué du VIIIe au Xe siècle, fut ensuite remplacé par un système de redevances en nature, consistant en la moitié ou le tiers de la récolte, le plus souvent en vin. Les preneurs de ces terres sont rarement des vignerons : il s'agit surtout de clercs, chanoines ou curés de paroisse, puis au XIIIe siècle de plus en plus de bourgeois de Beaune.

Tant que la mense canoniale resta indivise, les revenus des vignes furent mêlés aux autres revenus du chapitre. A la fin du XIIe siècle (et début du XIIIe), lorsque la vie commune fut abandonnée, les biens du chapitre furent répartis entre les chanoines : ceux-ci percevaient directement les revenus des vignes et payaient une redevance au chapitre, qui continuait à en surveiller l'administration. En 1262, le chapitre établit définitivement des prébendes territoriales (19 à Bligny et Aloxe) mais décida de les tirer au sort tous les trois ans : un système d'exploitation indirecte fut adopté, le chanoine recevant seulement le tiers des revenus de la prébende (les "gros fruits"). Les prébendes furent hiérarchisées selon leurs revenus et divisées en cinq classes, auxquelles le chanoine pouvait prétendre au fur et à mesure de l'avancement de sa carrière.

Les cartulaires de Coutances, par Julie Fontanel

Tous les documents originaux des archives de la cathédrale de Coutances ayant disparu pendant la guerre de cent ans, les cartulaires sont la seule source sur laquelle peut s'appuyer une étude du chapitre. J. Fontanel a édité le cartulaire B (350 actes) dans sa thèse d'École des Chartes, qui sera soutenue au printemps. D'une portée essentiellement économique et patrimoniale, puisqu'il s'agit avant tout d'instruments de gestion, ce type de documents s’avère néanmoins une indispensable source prosopographique. En effet, une centaine de chanoines sont mentionnés dans le cartulaire de Coutances, et 73 ne sont connus que par cette seule mention. En outre ces actes prouvent que ces hommes étaient bien à Coutances à la date de leur rédaction. La notice institutionnelle peut enfin se nourrir des renseignements concernant les dignitaires et officiers du chapitre, dont on constate l'apparition au cours des actes, et certains documents mentionnent les maisons ou l'enclos canonial.

La notice institutionnelle d'Agen, par Fabrice Ryckebusch

Sous Jean XXII, le diocèse de Condom en fut dissocié. Il comprend dès lors 502 paroisses et 12 archiprêtrés. Au XVe siècle l'évêque se fait appeler "comte-évêque", car il jouit de la comitalie (droits utiles et honorifiques du comte), mais en fait il n'est pas comte puisqu'il ne possède pas le comitatus (droit de légiférer), détenu par le comte de Toulouse.

L'official a des attributions particulièrement étendues : il exerce aussi la juridiction civile des évêques, et son ressort s'étend à toute la province de Bordeaux lorsque l'officialité bordelaise est vacante.

Le chapitre d'Agen compte quinze prébendes et son premier dignitaire est le grand archidiacre (il n'y a pas de doyen), suivi par le chantre. Cette hiérarchie "théorique" semble cependant être remplacée dans les faits par une hiérarchie liée à l'ancienneté d'entrée au chapitre. Aucun des statuts médiévaux n'a été conservé.

Le gros problème de ce chapitre est que les sources, très lacunaires, ne permettent pas d'établir de listes de succession dans les prébendes. Par contre, des tableaux de présence ont été réalisés pour les XIVe et XVe siècle. F. Ryckebusch propose leur insertion dans le volume des Fasti.

Les fichiers sur le Parlement de Paris, par Christine Barralis et Anne Hubert

Il s'agit du résultat des travaux effectués l'été dernier sur les fichiers de dépouillement des registres du Parlement de Paris conservés dans la section ancienne des Archives Nationales et au Centre d'études et d'histoire juridique (C.E.H.J.) qui en dépend.

Ils portent sur les trois séries du Parlement : X/1a essentiellement (parlement civil), X/2a (parlement criminel) et X/1c (Accords). Ces dépouillements ne concernent cependant que des périodes et des séries de registres incomplètes : essentiellement la période 1350-1400 pour le Parlement civil (X/1a/13 à 45), avec quelques compléments jusqu'en 1417 (X/1a/48-62). Seuls quelques registres de la série X/2a ont été dépouillés (deuxième moitié du XIVe siècle), tandis que les accords ont fait l'objet d'un dépouillement complet pour le XVe siècle.

Ces dépouillements, qui donnent principalement des listes de cotes de documents, sont disponibles aux A.N. à travers plusieurs fichiers différents : une liste récapitulative a été distribuée lors de la réunion et placée dans la "boite" pour les collaborateurs absents. Le résultat du travail de cet été, qui portait sur la collecte des informations concernant les diocèses les plus avancés, a été rassemblé sous la forme de trois bases de données informatiques : une base P.C. concernant les registres X/1c/48 à 62, et deux bases (une P.C., une Mac) pour le reste des informations. Cette division en trois bases n'étant que la conséquence de contingences matérielles, une fusion en est prévue à plus ou moins long terme. Les tirages de toutes les fiches contenues dans ces bases ont été placés dans la "boite". Tous les collaborateurs sont cependant invités à venir consulter les bases en faisant une recherche par noms de chanoines, car seul leur diocèse d'appartenance au moment du procès a été indiqué dans les bases (et donc dans la "boite" des Fasti) : il suffit donc que vos ouailles aient changé de diocèse à un moment ou un autre de leur carrière pour que la recherche par diocèse se révèle incomplète.

Ce compte rendu a été rédigé par Christine Barralis.