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Gergely Kiss, Université de Pècs

 

 
Programme voisin : les légats pontificaux en Hongrie au XIVe siècle, avec une base de données prosopographique, Delegat.
 
Les Fasti de la Hongrie médiévale : bilan des travaux (2018)*
 

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Contenu du volume :

  • 417 pages

 

 

La parution du quinzième volume de la collection Fasti Ecclesiae Gallicanae intervient un peu plus d’un an après celle du volume consacré à Châlons-en-Champagne. Il faut s’en réjouir, même si nous ne progressons qu’à pas mesurés, compte tenu du nombre de diocèses à couvrir par notre entreprise collective – et sans compter, pour l’instant, les nombreux diocèses qui n’ont toujours pas trouvé de responsable scientifique.

Jacques Madignier n’est pas un nouveau venu dans notre équipe. Élève de Vincent Tabbagh, docteur en histoire avec une thèse sur le chapitre cathédral d’Autun, il a déjà publié en 2010 le volume de la collection consacré à ce même diocèse – le premier dont notre équipe de direction actuelle, collégiale, m’a confié la responsabilité scientifique. Dans l’élaboration du présent volume, il a fait preuve des mêmes qualités de précision et de rigueur, appréciées autant par Laurent Vallière, responsable de la partie « base de données » que par moi-même. Il a pleinement conscience de la dimension collective du travail mené, et la longue liste des remerciements que contient son avant-propos en est une très belle preuve.

Avec ce quinzième volume, comme il l’explique dans cet avant-propos, les Fasti font leur deuxième percée dans les diocèses bourguignons de la province ecclésiastique de Lyon. Sous la plume du même auteur, elle révèle une expérience canoniale originale, très différente de la situation autunoise, avec une communauté de chanoines réduite à un peu plus d’une vingtaine de membres, d’où le nombre relativement limité des individus identifiés dans les sources – près de 450 chanoines et dignitaires seulement en trois siècles. Ce chapitre cathédral est marqué par un recrutement avant tout local, féodal ou citadin selon les cas, mais dans un milieu peu enclin à s’ouvrir aux influences extérieures. Certains évêques s’inscrivent en contrepoint, mais le diocèse de Chalon donne à la collection l’exemple d’un chapitre fort modeste et vient ainsi enrichir la palette des communautés étudiées et des ressorts diocésains envisagés. Les volumes qui sont en préparation – Auxerre pour la prochaine livraison – viendront encore la diversifier, pour le plus grand avantage de la communauté scientifique. Dans sa conception d’ensemble, ce volume se situe dans une grande continuité par rapport aux précédents et le lecteur désormais familiarisé retrouvera les notices, les tables et les indices habituels.

 

Les Fasti sont une collection, mais ils continuent d’abord à être une équipe de chercheurs, avec une direction collégiale assurée par Christine Barralis, Fabrice Delivré, Pascal Montaubin, Thierry Pécout, Laurent Vallière et moi-même. Riche d’une cinquantaine de collaborateurs régulièrement présents à nos réunions, tous vont connaître à partir de 2016 une nouveauté. Sous le poids de contraintes financières, mais aussi parce que la recherche et ceux qui la mènent savent modifier des usages, évoluer et s’adapter, de deux rencontres annuelles, l’équipe va passer à une journée par an, mais dont la nature évolue. Elle est appelée à prendre la forme d’une journée d’étude thématique destinée à la publication, sur des supports divers. C’est une belle opportunité pour accroître la visibilité des productions de l’équipe. La première, sur les chapitres cathédraux et la mort, a eu lieu le 18 mars 2016.

Comme la vie au quotidien, à commencer par celle des communautés canoniales auxquelles se consacrent les Fasti depuis maintenant un quart de siècle, l’existence d’une équipe de recherche est aussi marquée par de bien tristes évènements. Après la disparition de Pierre Desportes – auquel on doit le volume sur Reims et une partie de celui d’Amiens – qui avait tant donné pour la préparation du volume sur Chartres, diocèse malheureusement en panne pour le moment, l’équipe a été frappée par le décès de Benoît Brouns, qui s’occupait depuis longtemps du diocèse de Narbonne. Dans les années passées, deux demi-journées de nos rencontres avaient été consacrées à cet archidiocèse, preuve de la fécondité des recherches actuellement menées sur lui. En mémoire de sa rigueur scientifique, de sa modestie et de sa profonde humilité, nous avons décidé de mener à bien la publication posthume du volume consacré à Narbonne. Hélène Millet a bien voulu, de son propre élan, assurer la constitution d’une équipe et la coordonner en vue d’aboutir à cette production. La base des données prosopographiques et la notice institutionnelle étaient finalisées avant sa disparition. Elles lui doivent tout. Le reste du volume sera donc collectif, en son honneur. Il montrera, son heure venue, la capacité toujours manifestée par les Fasti de faire prévaloir la vigueur des intérêts collectifs.

Angers, le 31 mars 2016
Jean-Michel Matz

 

 
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Contenu du volume :

  • 678 pages.
  • 1546 notices prosopographiques.
  • 27 biographies d'évêques.

Ce volume contient en outre une carte du diocèse, un chapitre sur la bibliothèque fondée par l'archevêque Guy de Roye (+ 1409), une étude sur les vitraux du XIIIe siècle, ainsi qu'une notice (avec plan) du quartier canonial.

  • Extraits du volume : "extrait d'une notice" page 423, "chanoines non prébendés" pages 551-552, "cas incertains" page 567.

 

 

Extrait de la notice de Johannes Amadeus de SALUCIIS (page 423)

352 Johannes Amadeus de SALUCIIS

archidiacre de Reims, 1384r 04 01-1419 06 28, décédé

chanoine prébende 47, collation apostolique 1388r Il 04-x, résigne sans doute

chanoine prébende 63, collation apostolique 1394r 12 17-1395a 07 30, résignation probable

chanoine prébende 35, 1399r 06 07-x, résignation

chanoine prébende 26, collation apostolique 1400r 07 05-1404a 04 05, résignation.

a. Né circa 1362-† 1419, service 29 juin à Reims.

b. Diacre.

c. Noble ; Italie.

d. Neveu de Clément VII ; fils de Frédéric marquis de Saluces.

e. Bayeux doyen / Lyon archidiacre 01-11-1378/ Liège archidiacre Campine 11-08-1381/ Rouen chanoine 1385-86 et archidiacre Rouen 1403-1419/ Valence évêque le 04-11-1383.

f. Licencié droit civil.

g. Cardinal le 23-12-1383 , dignitaire dépourvu de prébende à partir de 1404.

R0461 ; Grandmottet, 89 ; AVB, 12, 1 ; 13, L274 ; VLS, 118 ; Eubel I, 513 ; Weyen d'après Cart. A.

(...)

 

Chanoines non prébendés (pages 551-552)

Ce fichier recense des clercs qui ont été reçus au Chapitre mais qui l'ont ensuite rapidement quitté et qui de ce fait n'ont pas été mis en possession de la prébende promise.

  • Les uns parce qu'ils ont été évincés par un compétiteur reçu en même temps qu'eux. La durée moyenne d'un procès était de 18 mois à 2 ans mais le Chapitre attendait dans ce cas le règlement du litige pour délivrer la prébende. Certains candidats ont été ainsi rejetés plusieurs fois de suite (jusqu'à quatre fois dans le cas du n° 462), sans jamais être définitivement admis.
  • Les autres parce qu'ils ont permuté avant la fin de leur stage (rappelons que tout nouveau chanoine ne percevait les fruits de sa prébende qu'après avoir effectué 28 semaines de stage). La pratique des permutations connaît un grand développement au XVe siècle, dès le moment où elle cesse d'être soumise au contrôle de la papauté. Il était permis à un chanoine de permuter dans l'heure qui suivait sa réception. On peut même trouver dans notre fichier quelques exemples d'ecclésiastiques ayant permuté sans s'être faits recevoir préalablement.
  • D'autres enfin parce qu'ils ont résigné pour des raisons diverses dans les mois suivant leur réception. Les papes de la période avignonnaise par exemple assortissaient souvent la collation d'un nouveau bénéfice de l'obligation pour le récipiendiaire de renoncer à quelques-uns de ceux de moindre valeur qu'il possédait déjà. De même les cardinaux à la même époque se faisaient conférer par le souverain pontife des prébendes dans les grands chapitres avec faculté de pouvoir les céder, plus ou moins rapidement, à des personnes de leur choix.

Les noms de ces non-prébendés ont néanmoins été tous reportés sur les tables chronologiques car leur présence nous a paru indispensable pour la continuité de succession dans chaque prébende.

1017 Adam OLIVERIUS

chanoine prébende 11, collation apostolique 1385r 04 05-x, évincé.

f. Maître.

Ne figure que dans Cart. A, f° 42 ; non repris par Weyen.

121 Ambrosius de la BURNACHE

chanoine prébende 10, collation ordinaire 1452r 1006-1452 10 14, permutation avec 122.

Weyen.

784 Andreas LE VIELS

chanoine prébende 58, régale 1473r 12 01-x, permutation à réception avec 785.

b. Clerc.

e. Reims chapelain N-D, chapelain Saint-Symphorien et S. Ladre-aux-Femmes 1473d.

f. Chapelain ordinaire du roi.

Weyen.

718 Aymericus ALEXANDRI

chanoine prébende 13, collation apostolique 1372 06 00-1372 07 03, permutation avec 161 avant réception.

e. Avignon chapelain à Avignon 1372d/ Vabres cure de Montlaur ante 1372.

gr. 18261.

723 Balduinus le WAIDIER (de BEAUMONT)

chanoine prébende 54, collation apostolique 1438r 07 23-x, évincé par 724 sur décision du 20-10-1438.

b. Clerc.

c. Reims diocèse.

f. Doit sa nomination à Jean, comte d'Étampes.

Weyen.

606 Bernardus de MOTA

chanoine prébende 46, collation apostolique 1343-x, évincé.

Weyen.

462 Bernardus de QUINTANIA

chanoine prébende 60, 1345r 10 07-x, évincé ? 1e tentative

(...)

 

Cas incertains (page 567)

Ce fichier regroupe plusieurs types de cas :

  • des chanoines attestés dans les années 1190 qui peuvent avoir vécu jusqu'aux premières années du XIIIe siècle.
  • des bénéficiaires d'expectatives antérieures à Jean XXII qui ne sont connus que par ces expectatives.
  • des clercs ayant quitté le Chapitre dans les mois suivant immédiatement leur réception et pour lesquels nous ne disposons d'aucune information sur la cause de ce départ. Plutôt que de les classer parmi les non-prébendés, nous leur avons accordé le bénéfice du doute, d'autant que les chanoines dont le stage a été interrompu avant son terme par une mort prématurée, ont été systématiquement rangés avec les prébendés.
  • des cas individuels très particuliers, notamment de possibles doublons.

Des explications sur la situation de chacun sont généralement données en ligne g.

(...)

 
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Contenu du volume :

  • 308 pages.
  • 787 notices prosopographiques.
  • 22 biographies d'évêques.

Ce volume contient en outre une carte du diocèse, et un catalogue de 202 clercs exclus du corpus. Dans ce volume, à défaut de notice particulière, on trouvera un catalogue détaillé des individus que, pour diverses raisons, les lecteurs pourraient s'attendre à retrouver dans cette population et qui en ont été sciemment exclus. Ainsi apparaissent d'autant plus clairement les principes du recensement.

« C'est en exploitant des sources dispersées qu'il a réussi à mettre en oeuvre une belle étude qui, malgré les difficultés, remplit les exigences du plan de travail et répond aux attentes des chercheurs, avides de données prosopographiques fondées. » (C. Van den Bergen-Pantens in Scriptorium, 2001 (1), p. 66*-67*, 157)

  • Note liminaire, par Hélène Millet, directeur du programme
  • Extrait du volume : "les exclus de Besançon", page 235.

 

 

Diocèse de Besançon : note liminaire, par Hélène Millet

Avec le « Diocèse de Besançon », la collection des Fasti Ecclesiæ Gallicanæ s’enrichit d’un volume qui est, à la fois, conçu sur le même modèle que les précédents et différent à bien des égards.

Ce constat est d’abord rassurant. Il signifie que les règles de traitement et de rédaction de l’information qui ont progressivement été testées et formulées au sein du groupe de recherche sont suffisamment souples pour ne pas avoir à être modifiées à chaque variation institutionnelle ou documentaire d’un peu d’importance. Avec le chapitre de Besançon, nous pénétrons en effet dans un monde canonial régi par la cooptation, où, d’ordinaire, il est question de réception dans la communauté et non de collation. Un monde, en outre, où la possibilité de passer d’une prébende à une autre (jugée mieux située ou plus lucrative) a généré des stratégies de mobilité bénéficiale inconnues dans les diocèses avec lesquels a débuté la collection. Bien qu’initialement non prévue pour répondre à une telle situation, la structure des informations n’a pas eu à être révisée, si bien qu’il n’a pas non plus été nécessaire de modifier la présentation des notices issues de la base de données.

Le lecteur ne sera donc pas désorienté. Toutes les conventions qui, nous l’espérons, lui sont désormais devenues familières sont restées en usage. Ce qui est un incontestable avantage pour l’utilisateur n’est cependant pas forcé­ment ressenti comme tel au moment de la collecte des données. Pour le chercheur, il serait tellement plus simple de suivre le mouvement naturel de ses sources ! Mais, outre la facilité de consultation, c’est aussi la rationalité de l’ensemble de l’entreprise qui requiert la fixité des principes présidant à la construction des bases de données. La parution d’un volume n’enrichit pas seulement les connaissances à l’échelon du diocèse ; elle marque aussi une notable progression au niveau de la France entière, et même un peu au delà. Quiconque a déjà eu recours aux tables diocésaines que contient chaque livre sait combien poreuses sont les frontières entre les provinces ecclésiastiques et a fortiori entre les évêchés. Notre collection a beau ne comporter que quatre numéros, on commence à voir se dessiner les contours d’une population canoniale dont on pressent chaque jour un peu mieux l’importance à l’éche­lon du royaume de France, des principautés limitrophes, et même, surtout en matière culturelle, de la chrétienté occidentale.

C’est pourquoi, le chantier du CDRom cumulatif est d’ores et déjà à l’étude. Sa réalisation suppose bien évidemment une bonne harmonisation des efforts et la compatibilité de travaux individuels, entrepris simultanément depuis presque une dizaine d’années. Elle suppose aussi que soient retravail­lées les notices des individus présents dans plusieurs diocèses, afin qu’elles ne se présentent pas comme une suite de membra disjecta. Tout cela revient à exiger des auteurs beaucoup de dévouement ainsi qu’une discipline qui n’est certes pas sans mérite mais pour laquelle ils doivent être remerciés.

A ceux de nos lecteurs qui nous aimeraient moins succincts, je répondrai seulement que nous comprenons parfaitement leurs attentes, mais que, même en doublant la dimension des notices, nous ne parviendrions pas à satisfaire tous les désirs. Le rythme de parution des volumes s’en trouverait considéra­blement allongé, ce qui ne serait pas sans répercussion sur la dynamique de l’ensemble du projet. Tels qu’ils sont, les Fasti Ecclesiæ Gallicanæ représen­tent déjà un défi puisque le programme est irréalisable à l’échelle d’une vie humaine : il faut compter 65 ans de labeur ininterrompu si deux volumes paraissent chaque année… On ne peut alourdir davantage le cahier des charges sans risquer de faire s’envoler les bonnes volontés. Rappelons que chaque collaborateur est d’abord un bénévole qui n’est poussé par aucune obligation professionnelle. Henri Hours, l’auteur du présent volume, a la responsabilité d’un dépôt d’archives départementales. Lorsqu’il proposa de prendre en charge le diocèse de Besançon, à titre de loisir, il était en poste à Lons-le-Saunier ; puis il a été muté à Clermont-Ferrand. Heureusement, il avait alors quasiment achevé le dépouillement des registres de délibérations capitulaires. Difficiles à lire, ils ont fourni une matière jusque-là restée parfaitement inédite. Ce livre est d’abord riche de leur contenu. Le copieux appendice des “ exclus ” qui clôt le volume répond d’ailleurs au désir de ne pas laisser échapper une partie des informations qu’ont livrées ces registres, alors que, manifestement, les individus concernés étaient toujours restés aux portes de l’institution canoniale bisontine.

Cette importante annexe constitue une originalité et, tout comme les petites notices introductives qui ont jusqu’ici illustré, dans les autres volumes de la collection, certains aspects de la vie ou de la culture canoniale, elle apporte un complément d’informations utile et distrayant. En la consultant, le lecteur comprendra mieux la difficulté du travail de recensement qui est à la base de chacun des volumes. Ce que nous voulons d’abord réaliser, c’est en effet : circonscrire la population des notables diocésains, dire qui était chanoine de tel chapitre et qui ne l’était pas, repérer quels étaient les assis­tants de l’évêque. Pour cela, nous devons évidemment identifier les individus. Ainsi, les notices que nous dressons pour eux n’ont pas d’autre ambition que de donner des éléments d’identification. Mais lorsque nous les connaissons davantage, nous ne gardons pas ce savoir pour nous. En revanche, nous ne prétendons nullement avoir épuisé le sujet et remercions par avance les lecteurs qui nous font part d’informations supplémentaires.

Pour nous donner une meilleure chance d’atteindre nos objectifs, nous avons exclu de notre champ d’action les collégiales, quelle que soit leur importance. Elles n’apparaissent donc que fort peu dans nos livres, au détour d’une notice ou, un peu plus systématiquement, dans le cadre du diocèse étudié. Au niveau des sources, le partage est aisé à effectuer. Au niveau des individus, il est évident que les populations se chevauchent largement. Comme, de surcroît, la méthode est la même qui permettrait de les repérer, plusieurs chercheurs travaillant sur les collégiales ont rejoint notre équipe, où ils forment désormais un petit groupe déterminé à faire avancer le sujet. Audaces fortuna juvat !

Orléans, le 28 octobre 1999, Hélène Millet, directeur du programme.

 

Extrait du volume concernant le diocèse de Besançon

Les exclus de Besançon (page 235)

Personnages cités comme chanoines, mais que l'on a cru devoir écarter pour les raisons expliquées [personnages tirés des dépouillements des registres de délibération capitulaires, mais qui sont sans doute restés aux portes de l'institution capitulaire bisontine, cf p. VIII].

  • Bénéficiaires d'expectatives dont on n'a pas la preuve qu'ils aient effectivement été pourvus d'une prébende.
  • Chanoines reçus et installés par le chapitre sans que l'on ait la preuve qu'il ont par la suite obtenu une prébende.
  • Personnes qui ont été mentionnées comme chanoines de Besançon par divers érudits et paraissent devoir ne pas être retenues.

... de PRATO

chanoine prébendé de Saint-Vit 1442r 07 04- ....

G 179, f° 132 ; aucune mention ultérieure : réception sans suite.

 

Amicus POURSAT

chanoine .... 1437 ....

c. Diocèse Besançon Vercel

g. Testament 1437

Connu seulement par G 531 f° 310, (inventaire du XVIIIe s.), et n'est pas mentionné dans les délibérations capitulaires.

Andreas ANGLICI

chanoine 1432r 10 20- ....

archidiacre Salins 1432r 10 20- ....

G 178, f° 255 ; aucune trace d'attribution d'une prébende ; un autre est nommé archidiacre de Salins en décembre 1433.

Andreas POUTHIER

réception sans prébende 1496 03 29 ; est restée sans suite.

b. Diacre.

c. Diocèse Cambrai.

G 189, f° 69.

Annetus CARPETI

présente une grâce expectative 1430 ; est restée sans suite.

f. Maître.

G 178, f° 206 v°.

(...)

 
diocese besancon

 

 

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Compte-rendu de la réuniondesFasti Ecclesiae Gallicanaedu 25 juin 2010.

Date de la prochaine réunion : vendredi 7 janvier 2011

C'est devant près d'une trentaine de personnes que s'est ouverte cette réunion estivale desFasti. Les mobilisations sociales de la veille nous ont cependant privé de la présence de Véronique Julerot, Jean-Michel Matz et Jacques Madignier.

Avant d'évoquer les interventions qui ont rythmé cette journée, il nous semble logique de commencer par le temps fort qui a marqué le traditionnel buffet du midi, dressé dans le jardin de l'ancienne demeure de fonction des directeurs des Archives nationales. C'est dans ce cadre verdoyant et ensoleillé qu'Hélène Millet reçut, en forme d'hommage et de remerciement pour son action à la tête desFasti, le maître-ouvrage d'Édouard Perroy –L'Angleterre et le Grand Schisme, paru en 1935 – exemplaire dédicacé par l'auteur à Jeanne Vieillard, archiviste paléographe qui a donné son nom à la salle de l'IRHT dans laquelle Hélène Millet et d'autres ont fondé lesFasti. Ce livre est désormais protégé par une reliure en cuir ornée d'un chanoine ; un bel objet qui réunit symboliquement les différents thèmes de recherche qui ont attiré Mme Millet. Autre jeune retraitée, Irmine Martin fut également chaleureusement congratulée par l'assistance et reçut divers cadeaux. Ce fut l'occasion pour Vincent Tabbagh, en rendant hommage à l'une et à l'autre, d'évoquer le temps glorieux des pionniers, à la fin du siècle dernier !

 

Informations générales

• La parution des volumes se poursuit à un rythme satisfaisant. Celle du volume 12 sur Autun réalisé par Jacques Madignier, initialement prévue en juin, a été repoussée jusqu'en septembre 2010. La préparation du volume sur Châlons-en-Champagne par Sylvette Guilbert est en bonne voie tandis que la base de données sur le diocèse de Tarentaise pourrait être achevée à la fin de cette année.

Pascal Montaubin, avant de faire circuler un exemplaire du volume sur Sens – dernière publication en date – a tenu à rappeler que les membres desFastibénéficient d'un rabais de 40 % sur les ouvrages de la collection par rapport au tarif normal.

Contact :pascal.montaubin@laposte.net.

• Un colloque organisé par l'équipe Collégiales aura lieu les 29-30-31 octobre à Montpezat de Quercy sur le thème :Les interventions de la curie pontificale dans l'histoire des églises collégiales en France au Moyen Âge.

Le nécrologe-obituaire du chapitre cathédral d'Aix, par Thierry Pécout

Le nécrologe-obituaire de Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence a récemment fait l'objet d'une édition critique par Thierry Pécout et Anne Chiama, avec la collaboration de Noël Coulet, dans la collectionRecueil des historiens de la France.

Cette intervention vise à dévoiler l'intérêt que peuvent avoir les obituaires pour la connaissance des chapitres cathédraux en général, et plus particulièrement ici pour celle des chanoines aixois. Jusqu'à présent, les travaux sur ce type de source ont été les parents pauvres de la recherche sur la mort au Moyen Âge. Pourtant, le rôle de média entre les vivants et les morts joué par les communautés religieuses ne se limite pas aux seuls Mendiants. Il est aussi le fait des chapitres cathédraux. En outre, ces sources permettraient d'aborder la question des revenus tirés des fondations pieuses, chantier qui reste à entamer.

Le manuscrit 14 de la bibliothèque Méjanes comporte 179 folios en y intégrant le martyrologe d'Adon. L'appellation que l'on donne à ce manuscrit – nécrologe-obituaire – s'est imposée par l'observation de changements dans la manière de rédiger les notices, tributaires de l'évolution des rapports avec le sacré. L'importance accrue accordée à la rédaction de ces notices justifie l'idée du passage progressif d'un nécrologe, livre où l'on inscrit simplement les noms des morts, à un obituaire, registre où l'on écrit leurs noms, le jour de leur sépulture et la fondation des obits. Ces fondations sont évidemment une source de financement importante mais leur dimension première est spirituelle. Le nécrologe-obituaire porte en effet unememoriaet forme la base de la concorde qui permet à la communauté canoniale d'exister.

Ce livre appartenant au chapitre d'Aix, une brève présentation de cette communauté s'impose. En 1318, date de la réalisation du nécrologe, le chapitre est une institution riche et puissante. Son existence est attestée depuis le début du XIes. À la fin de ce même siècle, son temporel semble se développer. Les liens avec le pouvoir comtal sont étroits : on rencontre de nombreux chanoines parmi les familiers des comtes de Provence. On distingue alors deux catégories de clercs : les chanoines prébendés qui desservent la cathédrale et un groupe qui prend en charge l'oratoire du Sauveur. La régularisation du chapitre se produit au début du XIIes. et perdure jusqu'au siècle suivant où, dans des circonstances qui restent largement obscures, le statut de la communauté évolue. Le chapitre cathédral cesse alors d'être régulier pour entrer dans le siècle. En 1223, on y dénombre vingt prébendes. Le chapitre est à la tête d'une véritable seigneurie urbaine, fruit d'une politique d'acquisitions judicieuse dans le bourg d'Aix et de la mise sous tutelle d’églises paroissiales (dont une à Aix). Le rôle mortuaire de la communauté s'inscrit dans ce paysage à travers le cimetière Saint-Sauveur qui accueille des sépultures étrangères au chapitre.

L'opération menée en 1318 semble relever de la volonté du prévôt Guillaume Agarini. Elle consiste d'abord en un travail de transcription opérée à partir d'un livre plus ancien ; le manuscrit se trouve en usage dès l'année suivante, comme l'atteste les premières additions dont il est l'objet. Les notices datées, qui s'étalent de 1209 à 1317, permettent de supposer que l'ancien nécrologe était utilisé depuis la fin du XIIes. et qu'il connaît un développement certain à la fin du XIIIes. lorsqu'il s'ouvre davantage aux laïcs. Par ailleurs, les notices datées du nécrologe-obituaire permettent de percevoir l'intensité de son utilisation après la phase de transcription : on en dénombre 498 au XIVe s., 124 au XVes. et seulement une quinzaine entre 1500 et 1587. Ainsi, on peut supposer que cette forme de fondation pieuse a lentement décliné à la fin du Moyen Âge pour prendre d’autres formes à l'aube des temps modernes.

Les revenus issus de ces obits ont notamment financé un programme de rénovation architectural : la nef Saint-Maximin et diverses chapelles funéraires sont là pour en attester.

Sacré collège et chapitre de Châlons, par Sylvette Guilbert

Cette intervention propose de se pencher sur les cas de chanoines châlonnais qui sont devenus cardinaux. Dix-neuf individus sont actuellement recensés : 3 au XIIIes., 13 au XIVes. et 3 autres au XVes. La place particulière du XIVes. illustre la politique bénéficiale avignonnaise. De fait, si les cardinaux du XIIIes. ont été chanoines d’abord, ceux des siècles suivants ont souvent intégré le chapitre de Châlons après leur incardination. Ils y ont reçu canonicat, prébende et souvent une dignité, en particulier l’archidiaconat. Lorsqu’un bénéfice du fait d’une vacance à la cour pontificale, passe sous collation pontificale, il circule dès lors entre lesfamiliaecardinalices.

À l'aide d'un tableau récapitulatif, Mme Guilbert a présenté les uns après les autres, suivant un ordre chronologique, ces 19 chanoines incardinés. Nous le reproduisons ici :

 

  Période traitée Date du dernier traitement
Diocèses
1.     Esztergom 1001-2003 2016
2.     Kalocsa-Bács 1009-1526 1991 ; 2015
3.     Pécs 1009-1543 2009 ; 2015
4.     Veszprém 997/1009-1387 1979 ; 2015
5.     Győr 1009-1526 1968, 2000, 2011 ; 2015
6.     Eger 1010-1596 1987 ; 2015
7.     Erdély/ Gyulafehérvár 1003-1526? 1922 ; 2015
8.     Csanád 1030-1526 1930/1947, 1941 ; 2014 ; 2015
9.     Bihar/ Várad XIe s. -1552 1885-1888 ; 2015
10.   Vác années 1070 -1541 ? 1983, 2015
11.   Nyitra 1111-1541 ? 1933 ; 2008, 2015
12.   Zágráb années 1080 1994 ; 2010, 2012, 2014, 2015
13.   Bosznia 1234-1526 ? 1994 ; 2015
14.   Szerém 1231-1526 ? 1987 ; 2011, 2013 ; 2015
Chapitres cathédraux
1.     Esztergom 1001-1901 1901, 2007, 2016
2.     Kalocsa-Bács 1009-1526 1992
3.     Pécs 1009-1543 2009
4.     Veszprém 997/1009-1387 1979, 1989
5.     Győr 1009-1526 1968, 1994, 2011
6.     Eger 1010-1596 1987
7.     Erdély/ Gyulafehérvár 1003-1387 1979, 2010
8.     Eger 1030-1526 1987
9.     Csanád 1239-1353 1941 ; 2010, 2014
10.   Bihar/ Várad années 1070-1541 ? 1983, 2008
11.   Vác vers 1111-1541 ? 1933, 2007, 2011
12.   Nyitra années 1080 1994 ; 2008
13.   Zágráb 1234-1526 ? 1994
14.   Bosznia 1231-1526 ? 1987
15.   Szerém 1226/1227/1279-XVe s. ? 1936 ; 2011, 2013
16.   Kő XIVe s. 2011
Chapitres collégiaux
67" height="23" width="241">1.     Esztergom-Zöldmező -1541 1971/1973, 2015
67" height="23" width="241">2.     Esztergom-Hegyfok -1541 1971/1973, 2015
67" height="23" width="241">3.     Esztergom-vár -1541 1971/1973, 2015
67" height="23" width="241">4.     Dömös XIIe s.-1541 1971/1973 ; 2012
67" height="23" width="241">5.     Pozsony XVe s. 1984/1987, 1994, 2008, 2013, 2014, 2015
67" height="23" width="241">6.     Szepes XIVe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">7.     Győr XVe s. 1984/1987
67" height="23" width="241">8.     Vasvár XVe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">9.     Pápóc XIVe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">10.   Veszprém -1541 1971/1973
67" height="23" width="241">11.   Felsőörs XVe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">12.   Hanta XIIIe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">13.   Székesfehérvár (BMV) XVe s.-1543 1994, 1996, 2016
67" height="23" width="241">14.   Székesfehérvár (St-Nicolas) XIVe-XVe s. 1971/1973 ; 2017
67" height="23" width="241">15.   Székesfehérvár (St-Pierre) XIVe-XVe s. 1984/1987 ; 2017
67" height="23" width="241">16.   Óbuda XVe s. 1984/1987, 1994
67" height="23" width="241">17.   Budavár XVe s. 1971/1973 ; 2013, 2015
67" height="23" width="241">18.   Felhévíz XVe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">19.   Pécs(vár) fin du XIVe s. ? 2007-2009
67" height="23" width="241">20.   Pozsega -1543 2007-2009
21.   Szenternye XIIIe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">22.   Csázma 1232- 1971/1973
67" height="23" width="241">23.   Hájszentlőrinc-Bács XVe s. 1971/1973 ; 2014
67" height="23" width="241">24.   Titel XIe-XVIe s. 1971/1973 ; 2013, 2015
67" height="23" width="241">25.   Csanád XIIIe-XVee s. 1971/1973 ; 2010, 2014
67" height="23" width="241">26.   Arad XIIe-XVIe s. 1971/1973 ; 2012, 2016, 2017
67" height="23" width="241">27.   Ittebő XIIIe s. 1971/1973
67" height="23" width="241">28.   Gyulafehérvár  ? 1971/1973
67" height="23" width="241">29.   Szeben XIIe-XVIe s. 1971/1973 ; 2012, 2013, 2015
67" height="23" width="241">30.   Várad (BMV)

Noms

N° Fasti

Sacré Collège

Études, carrière

Chapitre de Châlons

Entrées

Papes

Rangs

Titres

Dates

Rangs

Morts

Barthélemy

46

1227

Grégoire VII

cprêtre

Ste Pudentienne

m théologie

1220-28

Can + prb

élu évêque

1230/1

Jacques SAVELLI

611

1261

 

Urbain IV

cdiacre

Ste M. In cosmedin

 

-

1285

Can + prb

1281

1285

pp Honorius IV

Benedetto CAETANI jr

110

1295

Boniface VIII

(son oncle)

id

Ss Côme-Damien

-

1286

Can + prb

1296

Étienne de SUIZY

645

1305

Clément V

cprêtre

St Cyriaque

m d can

chancelier

1297-1306

Can + prb

1311

Raymond de GOTH

312

id

id

(son oncle)

cdiacre

Ste M. nouvelle

-

1310

Can + prb

trésorier

1310

Arnauld de PELLEGRUE

548

id

id

id

Ste M in Porticu

-

1305-1332

Can + prb

1332

1314-1332

Archd CT

Bertrand de MONFAVET

477

1306

Jean XXII

id

Ste M in aquiro

d civ

1313-1320

Can + prb

1342

Pierre de CHAPPES (de Chartres)

175

1327

id

cprêtre

Ss Silvestre-Mart.

d civ

chancelier

1316-1328

Can + prb

1336

Jean COLONNA

185

id

id

cdiacre

St Angelo in pescheria

m arts

not apost

1316-1332

Can + prb

1348

1332

Archd CT

Pierre ROGER de BEAUFORT (de Beaufort)

579

1348

 

Clément VI

 

cdiacre

Ste M nouvelle

2 droits

1366

Can + prb

1378

1370

pp Grégoire XI

1357

Trésorier pp Grég XI

Audoin AUBERT (de Maguelonne)

8

1353

Innocent III

cprêtre

Ss Jean-Paul

2 droits

not apost

1363

Archd CT

1363

1361

id

cévêque

Ostie

Guillaume BRAGOSE (de Vabres)

82

1361

id

cdiacre

St Georges in velabre

d civ, cano ?

not apost

1363-67

Archd CT

1367

1362

Urbain V

cévêque

St Laurent in lucina

Jean de DORMANS (de Beauvais)

225

1368

id

id

4 sts couronnés

2 droits chancelier

1359

Can + prb

1373

Jean de La TOUR

686

1371

Grégoire XI

cprêtre

St Laurent in lucina

-

1369

Can + prb

1374

Pierre de THURY (de Maillezais)

179

1385

Clément VII

cprêtre pseudo

Ste Suzanne

2 droits

1398

Can + prb ss chantre

1410

 

Louis de BAR

88

1395

Benoit XIII

cdiacre

Ste Agathe

 

-

1405

Can + prb

1430

1409

id

cprêtre

12 apôtres

1404-1413

doyen

1412

id

cévêque

Ostie

1413-1420

administr.

Guillaume FILASTRE

243

1411

Jean XXIII

cprêtre

St Marc

2 droits

1411-1413

Can + prb

1428

Nicolas de CUES

200

1448

Nicolas V

cprêtre

St Pierre aux liens

d can etc

1460

Archd CT

1464

Alexandre OLIVA (de Saxoferrato)

655

1460

Pie II

cprêtre

Ste Suzanne

théologie

1460

Archd CT

1463

 

Cependant, le passage au chapitre châlonnais semble avoir peu marqué les cardinaux, à l’exception de Jacques Savelli et Jean de Dormans dont les testaments évoquent Châlons. Ce dernier lègue d’ailleurs 100 florins au chapitre et autant aux pauvres de la ville. De même les mentions des dits cardinaux sont rares dans les archives locales, y compris dans les études faites par des chanoines du XVIIIes. sur leurs prédécesseurs, sauf Guillaume Fillastre mentionné dans le registre du conseil de ville.

Cette présentation suscite plusieurs réflexions dans l’assistance : le nombre de cardinaux est-il un marqueur pour déterminer la réputation d’un corps canonial, pour fixer une hiérarchie fondée sur le prestige ou les revenus entre les chapitres cathédraux ?

La contribution des chanoines à l'efficacité de la grâce pontificale. Analyse spatiale des pratiques sociales au temps de Jean XXII (1316-1334), par Hugues Labarthe

Hugues Labarthe nous a présenté le site histoiredebulle.net, qui est le résultat d'un travail de modélisation des données contenues dans les lettres pontificales, dans le but d'aboutir à des analyses spatialisées multidimensionnelles. Il s'agit tout simplement de traiter les données contenues dans ces lettres pour arriver, d'une part à les analyser automatiquement (ce qui permet de traiter de très gros corpus), et d'autre part à les lier à des informations géographiques, de manière à ce que chaque requête sur la base de données puisse se traduire sous la forme de cartes. On aboutit ainsi à la création d'un véritable système d'information historique (SIH), qui permet de lier les données historiques entre elles tout en les spatialisant. Ce système, inspiré des systèmes d'information géographique (SIG, qui consistent à produire des bases de données cartographiques où chaque point de la carte se voit attribuer plusieurs "couches" d'informations), dépasse cependant ce modèle puisqu'il permet de faire des liens entre les différents points de la carte et donc de créer de nouvelles cartes, en fonction des questions posées au système par le chercheur (par ex. : comment sont répartis géographiquement les exécuteurs de grâces pontificales pour la province de Reims ?).

Le point de départ de ce travail est une volonté d'étudier l'efficacité de la grâce pontificale, dans le cadre du programme ANRCorelpa, et l'étude a porté dans un premier temps sur le pontificat de Jean XXII. Le site n'est pas encore accessible au grand public, car l'équipe de Corelpa doit d'abord obtenir l'accord de tous les ayants-droits ayant fourni les données (saisies informatiques des lettres pontificales).

La géo-localisation des données nécessite de disposer de données cartographiques précises sur les bénéfices de la chrétienté médiévale. Pour répertorier les lieux de culte, Hugues Labarthe et Hugo Meunier, qui prend sa suite dans le cadre du projet Corelpa dans le second semestre 2010, s'appuient sur la couverture des édifices cultuels établie par l'IGN, et disponible sur le site geoportail.fr, en la couplant avecMérimée, base de données accessible sur le site du Ministère de la culture qui donne des fiches de description de chaque monument. Cette base de données est malheureusement insuffisante, car elle ne répertorie que les édifices encore existants. C'est pourquoi ils ont commencé la mise au point d'un SIG sur les paroisses des anciens diocèses de France. Ils ont utilisé pour ce faire les cartes de Font-Réaulx, qui ont été géo-référencées, puis ils ont commencé à saisir les données contenues dans les pouillés édités. La province de Tours va servir de test pour ce travail. Il s'agit bien sûr de cartographier les centres de paroisses, et non pas leurs hypothétiques limites. Tous les chercheurs des Fasti qui disposent de cartes de diocèses, de bénéfices, etc. sont invités à les envoyer à Hugues Labarthe pour aider à compléter cette collecte de données géographiques.

Lien :http://histoiredebulles.net/

Les débuts du GDRE "Aux fondements de la modernité étatique en Europe, l’héritage des clercs médiévaux", par Christine Barralis

Ce groupement de recherche européen réunit des équipes française, portugaise, italienne et hongroise. Dominique Iognat-Prat a pris la suite d'Hélène Millet à la tête de ce projet. La première prise de contacts a eu lieu à Angers en juin. Le but de ce programme est de financer des rencontres entre chercheurs européens, pour développer des coopérations dans l'objectif du montage d'un nouveau projet européen. La première du genre doit avoir lieu en novembre prochain à Evora, au Portugal.

Le quartier canonial du Mans, par Hugo Meunier

Cet exposé vise à comprendre si le quartier canonial médiéval est ouvert ou non sur la ville. La cité épiscopale est au cœur d'un vaste diocèse comptant sept archidiaconés. Le chapitre comprend pour sa part 43 prébendes. L'agglomération mancelle est l'héritière d'une fondation augustéenne. Sa première enceinte est bâtie à la fin du IIIes. Le quartier qui nous intéresse se situe au sud de la cathédrale, délimité au nord, à l'ouest et à l'est par les fortifications urbaines. Le château date du XIes. a été construit par Guillaume le Conquérant. On ne dispose pas de traces de clôture au sud. Deux pôles structurent le quartier des chanoines : la place Saint-Michel au sud-est et la Rue des Chanoines. Il faut remarquer l'absence de bâtiments communs. L'origine du quartier remonte au moins au Ves. puisque Grégoire de Tours l'évoque dans ses écrits. On sait également qu'il existait un réfectoire au IXes., probablement réalisé sous l'épiscopat d'Aldric, ecclésiastique qui joue un rôle important au cours du règne de Louis le Pieux. En 834, l'église Saint-Étienne est érigée. Mais les raids normands et bretons de la seconde moitié du IXes. brisent ce premier essor du quartier.

Profitant des troubles entre leurs évêques et les comtes du Maine au XIes., les chanoines gagnent en autonomie. Ainsi, à la fin du XIIes., on constate l'existence d'une mense canoniale. Le premier dignitaire qu'on rencontre en 1004 est le chantre. Le chapitre détient une pleine juridiction dès le XIIIes. Ses privilèges sont élargis et confirmés en 1383 par le pape. Le quartier canonial connaît une nouvelle phase d'extension aux XIIIeet XIVes. Notons que depuis le XIIes., les maisons y sont construites en pierre. Cherchant à s'affranchir toujours plus de l'autorité épiscopale, les chanoines revendiquent à cette époque la possession des fortifications. L'évêque est clairement considéré comme un étranger au sein du quartier canonial comme peuvent l'attester les conflits incessants qui l'opposent aux chanoines. D'autres différends voient le jour avec le pouvoir comtal ou avec les commerçants, en raison des nombreuses boutiques installées dans le cloître. L'application de la règle canoniale apparaît très laxiste puisque les femmes ne sont pas exclues du quartier. L'emploi du termeclaustrumà partir du XIes. pourrait caractériser un processus de territorialisation de l'espace canonial.In claustrodevient un toponyme sans doute dès le XIIIes.

L'ensemble de ces informations atteste la véritable puissance seigneuriale du chapitre du Mans. L'évêque du lieu résidant la plupart du temps dans ses deux châteaux hors de la cité, les chanoines se retrouvent sans réel contre-pouvoir dans la ville même si l'entourage épiscopal (officialité, cour laïque) occupe probablement toujours la résidence urbaine de l'évêque.

N. B. :deux des thèmes annoncés : « Que faut-il entendre par ''incertains'' et ''exclus'' (Vincent Tabbagh) » et « Compte-rendu du colloqueLes officialités dans l’Europe médiévale et moderne : des tribunaux pour une société chrétienne » n'ont pu être traités, faute de temps.

 

Compte rendu de la réunion de l'équipe des Fasti du 11 janvier 2008

 

Nouvelles

Le volume sur Poitiers paraîtra au printemps.

6 nouvelles abréviations sont utilisables dans la base FEG :

elles doivent être "collées" aux dates :

  • map = mort après
  • nap = né après
  • mav = mort avant
  • nav = né avant
  • mca = mort circa
  • nca = né circa

Que mettre dans la page "Informations du diocèse" ? Il faut indiquer les différences existant entre la base FEG et le volume papier. Par exemple, pour "Sources", vous devez cocher Oui ou Non : cela revient à dire si, oui ou non, la liste des sources (indiquée dans le volume papier) est disponible sur la base FEG.

"En-têtes de listes chronologiques" = si vous ne souhaitez pas reprendre les chapeaux de présentation insérés dans les volumes précédents pour chacune de ces listes, vous pouvez saisir un texte personnalisé.

Dans la future base Brepolis de consultation payante, on pourra étendre les recherches à la parenté. Il n’y aura pas identité entre elle et l’actuelle base FEG.

Deux thèses ont été soutenues avec succès :

  • Delphine Lannaud, Les évêques des diocèses bourguignons à la fin du Moyen Age (1415-1515).
  • Marie-Laure Jalabert : Autour du Livre vert : idéal et réalités de la seigneurie des archevêques de Narbonne, de Gilles Aycelin à Pierre de La Jugie (1290-1375).

Entrée de 3 livres dans la bibliothèque :

  • Carreiras eclesiasticas no Occidente Cristao
  • Fasti Ecclesiae Scotticanae
  • Kristiane Lemé : Les stalles de la cathédrale d’Amiens

 

Projet européen

Il existe plusieurs programmes européens dans lesquels les « Fasti Ecclesiae Gallicanae »pourraient s’intégrer. Le premier objectif que l’équipe s’était fixé, consistait à postuler dans le programme Infrastructure. Mais les chances de sélection étaient très minces ; on a donc choisi de se tourner vers un autre projet intitulé eContenplus, géré à Luxembourg-Ville.

L’appel d’offres de ce dernier est attendu pour juin 2008, avec dépôt de dossier en octobre. Une réunion a eu lieu en septembre à Paris avec les futurs partenaires, portugais, hongrois et croate ainsi que notre éditeur, Brepols. Il est apparu nécessaire de ne pas se contenter de présenter un projet centré sur la prosopographie, mais d’inclure d’autres corpus documentaires fondés sur les textes et les images, voire le son. Notons que notre logiciel a été demandé par les équipes hongroise et croate. Dans le but de le transmettre avec plus de sécurité et de le protéger, Stéphane Raux a repris l’écriture du code source et un dossier de déclaration d’invention a été déposé en vue d’obtenir une licence Cecill.

Le désir de travailler ensemble, même en cas de rejet du projet européen, a conduit à explorer la voie des GDRE, Groupe de Recherche Européen.

 

Notice institutionnelle du diocèse de Strasbourg, par Benoît Jordan

(N.B. : ce qui suit n'est pas un compte-rendu mais la copie du document diffusé par B. Jordan lors de la réunion).

Historiographie

Sources

Le fonds du grand chapitre est divisé en deux parties, conservées l’une aux Archives de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg, l’autre aux Archives départementales du Bas-Rhin. D’une manière générale, les décisions du chapitre n’ont pas fait l’objet de transcriptions avant la fin du XVe siècle. Il n’y a pas de série constituée avant 1521 ; un seul registre est antérieur à cette date. On ne dispose pas non plus de listes de présence pour le Moyen Age.

AVCUS
  • 117 Z 1 : acta capituli ecclesie argentinensis (1452-1463). Selon Ph. Lorentz, ce registre consignant les faits marquants de la vie capitulaire peut être considéré comme « l’ébauche d’un registre de délibérations capitulaires » : audition de comptes, réception de chanoines ou de chapelains, copies d’attestation d’hérédité…
  • 117 Z 76 : cartulaire du chapitre. (XIIIe-XVe s.). Les actes concernant des biens à Strasbourg ont été publiés dans l’Urkundenbuch. Le plus ancien acte transcrit date de 1281 ; la majorité des actes est du XIVe s.
  • 117 Z 82 : liber missivarum variarum (1466-1481). Le secrétaire se réfère aux décisions capitulaires.
  • 117 Z 164 : actes isolés antérieurs à 1500.
  • 117 Z 194 : liber presentationum beneficiorum sive prebendarum curie thesaurarii ecclesie argentinensis (1426-1521).
  • 117 Z 196 : liber investiturarum (1470-1511).
  • 117 Z 198 : pièces isolées relatives à des fondations et des bénéfices (six pièces antérieures à 1500, dont une invitation faite à Etienne, comte palatin, nommé chanoine, à venir prêter serment - 1456).
  • 117 Z 213-216 : pièces isolées concernant les propriétés, les fondations, les bénéfices.
  • 117 435-437 : Küchenbücher (libri coquinae), ou listes de distribution (1451). Le 117 Z 436 (1451) donne une liste des membres du chapitre ainsi qu’une esquisse d’arbre généalogique de Henri de Henneberg, avec cette particularité d’indiquer uniquement les femmes à partir de la deuxième génération. Le 117 Z 437 donne la liste des dignités avec les nominations à différentes prébendes ou fonctions réservées aux titulaires de chaque dignité.
ADBR
  • G 2733 : cartulaire dressé en 1347 sur ordre du doyen Jean de Lichtenberg. La seconde partie de ce cartulaire a disparu, mais a fait l’objet d’une table dressée en 1787 (par J. J. Oberlin), conservée à la BNF, ms lat. 10934.
  • G 3463-3466 : Antiqua registratura : transcription intégrale d’actes anciens, réalisée au XVIe s.
  • G 3467 : liber coquinae (XIVe s.).
BNUS

Ms 5213 : liber coquinae (1418) avec liste des distributions en argent et en nature ; texte des serments que les nouveaux chanoines et dignitaires doivent prêter ; liste des bénéfices à la collation de l’évêque et des dignitaires ; liste des cours domaniales.

 

Bibliothèque humaniste de Sélestat

Ms 91 : Manuscrit de Melk. Ce manuscrit écrit vers 1224-1227 tient son nom de l’abbaye autrichienne qui le possédait avant son rachat par la bibliothèque humaniste de Sélestat au début du XXe siècle. Il a été publié en plusieurs articles dans le Urkundenbuch der Stadt Straßburg, t. IV/1. Il se compose d’un obituaire (dressé vers 1228 et complété jusque vers 1270) et d’un censier et registre de distributions pour la même époque. Y ont été ajoutées des actes divers, sans ordre, statuts capitulaires, fondations pieuses, transfert de cours claustrales, sur une période allant jusqu’au XVe s. Aussi porte-t-il le nom de liber regulae.

 

Folios Analyse (référence dans USS, IV/1)
54 Trois décisions du chapitre sur les fêtes à célébrer à la Sainte-Marguerite, à la Saint-Henri (empereur), et sur l’administration des prébendes vacantes (40).
54 Attribution de revenus au curé de Molsheim par l’évêque Berchtold – 1233 (45).
93-94 Etat des revenus en nature et en argent, au profit des chanoines (26).
94-95 Commutationes vel concambia quarundam oblationum, que selgerete nuncupantur, breviter statuimus annotare, ne anime fidelium in anniversariis earum debitis vigiliarum et missarum officiis privarentur et ne portarius negligentia vel alii canonici ejus arguerentur (27).
95-97 Descriptio quorundam arealium infra civitatem sitorum ad oblations, que vocantur Selgerete, pertinentium (25).
97 Descriptio arealeum et domorum infra civitatem partim ad communes usus fratrum partim ad cenam pertinencium, que ex parte inter arealea superius scripta descripsimus, que iterum propter specialem pertinentiam describemus (29).
98-99 Item descriptio allodiorum extra civitatem sitorum ad communes usus ad cenam pertinencium (30).
99 Hic continentur feoda, de quibus olim dabantur servicia, sed modo dantur denarii, qui dicuntur dienstphenninge (31).
99-100 Annotations sur des revenus en argent et en nature dus par des particuliers (32).
100-102 Nota. Hec sunt bona, que sita sunt extra civitatem, de quibus dantur denarii frumentum et vinum, que pertinent ad selgerete et portarius debet dividere fratribus (33).
102 Annotations sur les distributions en nature à effectuer pour l’entretien du réfectoire par le pincerna et le cellérier (34).
102-103 Annotations sur les distributions que doit faire le portier (35).
104-105 Hic continentur qui habent arealea de Selgerete intra civitatem sita et dant censum debitum (28).

Les actes émanant du chapitre ou reçus par lui ne donnent que rarement le nom des individus qui le composaient. Bien souvent, la mention des membres est globale, seul le nom d’un ou de deux dignitaires étant précisé. En revanche, un certain nombre d’actes conservés dans des fonds divers ont été publiés dans le Urkundenbuch der Stadt Straßburg, pour la période antérieure à 1400 ; ils intéressent des chanoines à titre individuel. Les Regesten der Bischöfe von Straßburg dont le tome II porte sur la période 1202-1305, contiennent un certain nombre d’analyses intéressant le chapitre.

 

Bibliographie

Le sujet a été étudié dans ses grandes lignes à travers trois thèses :

  • Adam VETULANI, Le grand chapitre de Strasbourg des origines à la fin du XIIIe siècle, Strasbourg, 1927, X-108 p. (collection d’études sur l’histoire du droit et des institutions de l’Alsace, t. II).
  • Jean ROTT, Histoire du chapitre cathédral de Strasbourg au XIVe et au XVe siècle, dactyl., 1932, thèse d’école des Chartes.
  • Philippe LORENTZ, Les chanoines de la cathédrale de Strasbourg aux XVe et XVIe siècles, dactyl. 1988, thèse d’école des Chartes, la seule qui se place dans la perspective prosopographique.

Dans un article paru en 1970 (Archives de l’Eglise d’Alsace), René Levresse publie plusieurs listes de chanoines entre le XIe et la fin du XVIe siècle. Le même auteur a rapidement étudié les custodes de la cathédrale au XIIIe siècle : « Les custodes de la cathédrale de Strasbourg au XIIIe siècle » (AEA, 1985, p. 19-24).

  • Urkundenbuch der Stadt Straßburg (avant 1400), 7 t.
  • Regesten der Bischöfe von Straßburg, ed. Alfred Hessel und Manfred Krebs, Innsbruck, 1924-1928 (t. II : 1202-1305).
  • LEVRESSE, René, « les suffragants de Strasbourg », AEA, 1974, p. 13-19.
  • RAPP, Francis, Réformes et réformation à Strasbourg, Paris, 1974.
  • RAPP, Francis, « les évêques auxiliaires à la fin du Moyen-Âge dans les diocèses de Constance, Bâle, Strasbourg et Spire », ds Les prélats, l’Eglise et la Société, XIe-XVe siècle. Hommage à Bernard Guillemain, Bordeaux, 1994, p. 109-117.
  • LEVRESSE, René-Pierre, « Les origines de l'officialité épiscopale de Strasbourg, au XIIIe siècle », AEA, 1986, p. 1-54.
  • - Id., «L'évolution historique de l'officialité de Strasbourg, (XIIe-XVIe siècle), la rançon du succès », AEA, 1988, p. 67-86.
  • - Id., « Les causes internes de la ruine de l'officialité », AEA, 1992, p. 79-149.
  • - Id. « L'officialité épiscopale de Strasbourg : son organisation », AEA, 1993, p. 117-179.
  • WERCKMEISTER, Jean, « les capitulations des évêques de Strasbourg du XIIIe au milieu du XVe siècle », AEA, 1974, p. 21-45.
  • JORDAN, Benoît, « Le Bruderhof, les cours capitulaires et les chanoines de la cathédrale au Moyen Age », Bulletin de la cathédrale de Strasbourg, t. XXV, 2000, p. 165-177.

 

Géographie et histoire du diocèse

Le diocèse de Strasbourg s’étend sur une bonne partie de la Basse-Alsace, mais laisse le nord de la forêt de Haguenau, au-delà de la rivière du Seltzbach, au diocèse de Spire. Il possède une enclave dans le diocèse de Bâle qui couvre la Haute-Alsace : la région de Lautenbach, dans la vallée de Guebwiller, relève de sa juridiction. A partir du VIIe siècle, des localités sur la rive droite du Rhin, formant l’Ortenau, dépendent de l’évêque de Strasbourg. Du côté occidental, les limites avec les diocèses de Metz et de Toul ont connu des variations importantes, notamment à l’époque carolingienne : l’autorité du prélat messin s’étend alors jusqu’à Neuwiller-lès-Saverne. Plus tard, les limites varient dans la haute vallée de la Bruche et en Alsace bossue. C’est ainsi que le diocèse est voisin des diocèses de Spire, de Metz, de Bâle, de Constance. Il faut également rappeler que l’évêque, en tant que prince territorial, est propriétaire de la région de Rouffach, depuis Soultz jusqu’à Eguisheim, son voisin bâlois en étant le supérieur au spirituel. Enfin, le siège de Strasbourg est suffragant de l’archevêché de Mayence, dont l’autorité est théorique.

L’évêché de Strasbourg

Un siège épiscopal existe à Strasbourg (Argentoratum) au IVe siècle La ville reste jusqu’au XIIIe sous l’autorité seigneuriale de l’évêque. En 1262, au terme d’une guerre ouverte, les troupes de l’évêque Walther de Geroldseck sont battues à Hausbergen et la ville, par un accord scellé l’année suivante, se voit reconnaître une totale autonomie. Strasbourg est désormais ville de l’Empire. L’évêque n’apparaît plus qu’épisodiquement dans les murs de la ville. Cela se manifeste par l’absence de palais épiscopal. Le Fronhof (sur la place au sud de la cathédrale) apparaît au XIVe siècle comme un centre administratif plus que comme une résidence : l’évêque Jean de Dirpheim loue un hôtel comme résidence, le futur Luxhof. Les prélats résident plus volontiers à Saverne, à Molsheim ou au château du Haut-Barr.

La cathédrale

Une première cathédrale existait peut-être à l’époque mérovingienne. Le poète Ermold le Noir, exilé en Alsace par Louis le Pieux, donne dans un long poème une description d’un édifice en bois, sans doute celui qui est détruit en 1002 lorsque le duc de Souabe Hermann attaque la ville et l’incendie pendant la guerre liée à l’élection de l’empereur Henri II. L’évêque Werhinari ou Werner, membre de la famille appelée plus tard de Habsbourg, commence en 1015 la reconstruction d’un édifice aux dimensions exceptionnelles. Des travaux de consolidation de la tour nord du massif occidental ont permis, dans les années 1912-1925, d’identifier les fondations de 1015 : la cathédrale de Werhinari avait les dimensions de l’édifice actuel.

Cette cathédrale est reconstruite à partir des années 1160. Vers 1240, le chœur et le transept sont achevés. C’est à ce moment que l’art gothique fait irruption dans le monument avec les tympans du croisillon sud et le pilier des anges. La construction de la nef, entre les années 1240 et 1275 consacrent l’épanouissement du style gothique rayonnant. Entre 1277 et les années 1390, on élève en plusieurs étapes le massif occidental jusqu’à la plate-forme. La construction de la tour octogonale et de la flèche intervient entre 1399 et 1439.

 

Les collégiales

Les collégiales existant dans le diocèse recrutent leurs membres dans un milieu socialement différent de celui du chapitre cathédral. On les donne ici pour mémoire  :

À Strasbourg :

  • Saint-Thomas
  • Saint-Pierre-le-Vieux (déplacé de Honau à Rhinau, puis à Strasbourg en 1398)
  • Saint-Pierre-le-Jeune
  • L’oratoire de la Toussaint, plus modeste (fondé en 1327)

Hors de Strasbourg :

  • Saint-Adelphe à Neuwiller-lès-Saverne
  • Saint-Léonard à Boersch, dont le chef est le prévôt de la cathédrale
  • Saint-Florent de Niederhaslach
  • Saint-Arbogast de Surbourg

Un corps ecclésiastique, bien que n’étant pas défini comme un chapitre, intéresse de près les chanoines : le grand chœur, établi à la cathédrale, dont les membres dotés de prébendes sont chargés d’assumer un office délaissé par les chanoines. Une confraternitas est signalée à la fin du XIIIe siècle. En 1364, le grand chœur compte 64 membres qui obtiennent en 1414 le droit de porter l’aumusse et le bonnet en peau d’écureuil à l’instar des chapitres de Saint-Thomas, Saint-Pierre-le-Vieux et Saint-Pierre-le-Jeune. A la tête de cette institution figure le roi du chœur, une dignité qui aurait été créée par l’empereur Henri II en 1012. En 1437, le corps des prébendiers se dote de sept députés, chargés de représenter leur communauté auprès des chanoines qui conservent le contrôle de leur gestion. Jamais le grand chœur n’obtiendra une totale autonomie de la part des chanoines pour qui ses membres, malgré leurs qualités personnelles, restent de simples vicaires – voire de simples serviteurs. Les prébendiers fonctionnent d’une manière identique à celle d’un chapitre, avec répartition des revenus, tenue de comptes, biens communs et siège administratif (le Gürtlerhof).

L’organisation diocésaine

L’évêque s’entoure d’administrateurs qui forment son gouvernement au spirituel et au temporel. La part que les chanoines prennent à ce gouvernement entre 1250 et 1500 se résume le plus souvent à un exercice de contrôle et à des prétentions parfois assouvies, parfois agitées sans résultat. Notons que l’archevêque de Mayence n’intervient pas ou très peu dans le diocèse de Strasbourg. Il fait un essai d’imitions en 1300, mais il échoue face à un soulèvement de l’ensemble du diocèse.

 

Les suffragants

Les suffragants, évêques in partibus, ne sont jamais issus du chapitre cathédral, sauf une exception, en 1297. Avant 1450, on ne trouve guère que des religieux avec une prédominance pour les Mendiants, Dominicains ou Franciscains. Il faut dire que le couvent des Prêcheurs de Strasbourg est particulièrement brillant au long du Moyen Age, avec notamment la figure d’Albert le Grand.

La curia, le vicarius in spiritualibus ou vicarius in pontificalibus

La curia est dirigée par l’official, office cité à partir de 1230. Là encore, les chanoines en sont absents. Mais l’importance acquise progressivement par cet organe de gouvernement explique qu’en 1299, le chapitre tente de le placer sous leur contrôle. A cette date, l’évêque Frédéric de Lichtenberg, avant d’être élu, doit s’engager à nommer official un chanoine. A partir de 1346, l’évêque choisit un clerc hors du chapitre cathédral. Quant à la fonction notariale de l’officialité, incarnée par le sigillifer, elle passe progressivement sous le contrôle du gouvernement de la ville de Strasbourg : à la fin du XIVe siècle, le garde-scel peut être considéré comme un employé de la ville.

Les archidiacres