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Certaines entrées latines renvoient au Glossaire de Du Cange mis en ligne par l’École nationale des chartes. Il s’agit parfois de définitions de sens voisin ou générique, souvent liées à des contextes monastiques plutôt que canoniaux, mais qui donnent de précieuses pistes complémentaires.



  • Personnat personatus
    Le personnat se distingue de la dignité et jouit d'un moindre prestige. Selon Du Cange, il s'agirait d'une dignité sans juridiction. Bien des chapitres n'établissent pas cette distinction, ou bien la documentation ne nous en fait pas part : Angers, Auch, Autun, Cambrai, Châlons-en-Champagne, Chartres, Orléans...
    Lorsque la distinction existe, le chef du chapitre est toujours une dignité mais, pour le reste, la répartition entre dignités et personnats varie d'un chapitre à l'autre. À Auxerre, on compte six dignités et deux personnats (le sous-chantre et le lecteur). À Besançon, le grand archidiacre est une dignité mais les quatre autres archidiacres sont les seuls personnats. Les archidiacres de Metz et Poitiers sont personnats. À Rodez au contraire, tous les archidiacres sont des dignités. Le sacriste est un dignitaire à Narbonne, un personnat à Agen, Mende, Rodez, un simple office à Langres et Mâcon. Le préchantre est dignité à Viviers mais simple office à Aix-en-Provence. À Agen, le portier qui, ailleurs, serait un office, est personnat, tout comme le lecteur à Auxerre. La chancellerie de Meaux est dignité jusqu’en 1201 et devient personnat à cette date. Le sacriste est personnat à Mende.

  • Pointeur punctator
    À Mende, le pointeur, choisi parmi les clercs, est sous les ordres du correcteur, il dresse le matricule et pointe les présences au chœur. À Narbonne, des pointeurs institués au XIVe siècle sont chargés, outre de noter les présences au chœur, d’exhorter « tous les chanoines et bénéficiers de l’église de mieux vivre à l’avenir selon leur état ».

  • Portier portarius
    Il peut ne s’agir que d’une fonction matérielle mineure confiée à un laïc : à Châlons-en-Champagne, deux portiers font partie des quatre « francs sergents » attestés sous Philippe-Auguste. Il peut s’agir au contraire d’une fonction plus considérée : le portier d’Agen est personnat ; celui d’Auch, en sus de l’ouverture et de la fermeture des portes de la chanoinie, doit vérifier les présences au chœur, préparer le martyrologe pour le chapitre du lendemain ; ces fonctions laissent entendre qu’il s’agissait d’un clerc.

  • Prieur prior
    Prieur : premier dignitaire du chapitre d’Antibes-Grasse jusqu'en 1242, date à laquelle il prend le titre de prévôt. À partir de la réforme canoniale de 1131 qui institua un chapitre régulier, cas unique dans la France actuelle du Nord, le chapitre de Sées a été dirigé jusqu’au XVIe siècle par un prieur qui a dès lors remplacé le doyen.
    Prieur mage : à Montauban, abbaye devenue évêché en 1318, il est le premier dignitaire après l'évêque.
    Prieur claustral. Il s'agit généralement d'un office mais c'est une dignité à Arles. Cette fonction existe dans les chapitres issus d'une abbaye en 1318 (Montauban), dans les chapitres menant une vie régulière (Arles, Avignon, Maguelone, Nîmes, Orange). Ses attributions sont d'ordre spirituel et disciplinaire : selon les statuts d'Arles de 1369, il « réprime les défections, corrige les lectures, entend les confessions » ; il supplée le prévôt pour dispenser d'assistance aux offices, punir les chanoines qui ne dorment pas au dortoir.

  • Prieur de la chambre prior camere
    À Beauvais, désigne le chanoine régulier desservant en personne la prébende que possède l’abbaye augustinienne de Saint-Quentin de Beauvais. En 1181, lui est adjoint un suppléant appelé compagnon du prieur de la chambre, dénommé aussi sous-prieur.

  • Primicier, princier primicerius
    Du latin primus in cera, le premier d’un groupe inscrit sur la tablette de cire, donc le premier en dignité. Ce titre a été porté à la cour de Constantinople. Pourtant l’Encyclopédie Catholicisme attribue au primicier un rôle subalterne dans les chapitres cathédraux : « Le primicier a tantôt la charge de la formation des clercs inférieurs et des jeunes clercs, tantôt il préside au chœur où il doit maintenir l’ordre » (11, col. 1030). Nous n’avons trouvé cette fonction subalterne associée à ce nom dans aucun des chapitres sur lesquels nous sommes documentés si ce n’est à Auch où, avant le XIe siècle, les deux capiscols portaient aussi le titre de primiciers.
    Selon la règle de Chrodegang, c’est le chef du chapitre sous l’autorité de l’évêque. Il est resté le premier dignitaire à Metz. Il en existe un à Toul jusqu’au XIe siècle, un à Verdun jusqu’à sa suppression au XIVe siècle (mais il subsiste un « official de la princerie »). À Verdun, le primicier est en même temps archidiacre majeur, il assure, conjointement avec le chapitre, l’administration du diocèse durant les vacances du siège épiscopal. Contrairement à la plupart des chanoines, le princier souvent issus de milieux sociaux élevés.
    Des primiciers sont mentionnés à Toulouse en 955 et 960 sans que l’on en connaisse la fonction.
    La princerie était en principe élective, mais, à Verdun, plusieurs titulaires furent nommés par le pouvoir pontifical ou imposés par des princes laïques.

  • Procurateur de Trouillas procurator de Trulhas, de Trullaco
    Nom donné à Avignon aux officiers chargés de la gestion matérielle et financière du chapitre. Le nom est lié à la domus de Trullas ou de Trullaco, ensemble d’édifices regroupant la prévôté, la demeure des procurateurs, le cellier et autres réserves de la communauté. La tour de Trouillas du palais pontifical conserve le souvenir de cet ensemble.

  • Procurateur du réfectoire procurator refectorii
    Dans le diocèse de Maurienne, désignés par le prévôt, ils représentent le chapitre dans les instances judiciaires.

  • Procureur des anniversaires procurator anniversorum
    Les administrateurs et procureurs des anniversaires sont en charge de l’enregistrement des anniversaires, de la gestion des revenus afférents et de leur distribution au clergé cathédral. Ils gèrent aussi les archives liées aux fondations. Ce sont donc des agents du chapitre régulièrement contrôlés, avec d’importantes responsabilités administratives et financières. L’administration des anniversaires peut être, comme à Marseille, intégrée à des fonctions administratives et de gestion plus globales, même si on identifie bien un pôle de revenus et de dépenses liés aux anniversaires.
    Pour le chapitre Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence, on trouve des clercs, des chanoines et des prêtres « administrateurs et procureurs des anniversaires » dès le milieu du XIIIe siècle. Il s’agit d’un office occupé pour une durée non précisée. À Toulon, on identifie un procureur des anniversaires, Pierre Aycardi, qui est aussi clerc bénéficier dans la première moitié du XIVe siècle. Le fait qu’il ne soit « que » procureur pourrait suggérer que les fonctions d’administration sont assurées par quelqu’un d’autre (un chanoine par exemple), mais ce n’est qu’une hypothèse. Pour Marseille, d’après les statuts de 1259, deux chanoines (ou un chanoine et un clerc) sont nommés par l’évêque et le chapitre pour assurer l’administration de la mense commune, des revenus et des dépenses du chapitre. Ils gèrent les distributions quotidiennes. Ils sont aussi chargés de distribuer les anniversaires et de gérer les revenus qui y sont liés. Ils sont identifiés comme administrateurs. Ils peuvent être représentés par des vicaires. Ils doivent rendre compte de leur gestion deux à trois fois par an. En 1266, ces statuts sont réformés : le prévôt prend le contrôle de l’administration du chapitre. Deux chanoines sont élus par le chapitre tous les deux ans, pour récupérer les anniversaires des clercs et des chanoines et pour en redistribuer les fruits en argent, en plus des distributions quotidiennes. Il semble qu’il y ait une évolution : on distingue désormais les anniversaires du clergé du reste de l’administration du chapitre, avec la mise en place d’une nouvelle entité représentée par deux acteurs, distincte de l’administration de la mense capitulaire.

  • Proviseur provisor
    À l’Hôtel-Dieu de Paris, les proviseurs (au nombre de deux ou trois) sont des chanoines qui exercent la tutelle sur le fonctionnement de l’hôpital. Ils veillent notamment sur la nourriture et l’habillement de frères. En Picardie, les proviseurs, au nombre de deux, choisis parmi les chanoines, assurent la direction de l’hôpital.