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Certaines entrées latines renvoient au Glossaire de Du Cange mis en ligne par l’École nationale des chartes. Il s’agit parfois de définitions de sens voisin ou générique, souvent liées à des contextes monastiques plutôt que canoniaux, mais qui donnent de précieuses pistes complémentaires.



  • Dapifer dapifer
    Nom donné au réfectorier à Lyon. Cette appellation dérive de celle utilisée dans des milieux aristocratiques, en particulier dans le milieu impérial.

  • Doyen decanus
    Étymologiquement, c’est celui qui commande à une dizaine. Ce fut d’abord une réalité monastique. L’usage de grouper les moines par dix sous l’autorité de l’un d’eux, le doyen, est attesté chez saint Jérôme et saint Augustin. Selon saint Benoît, les doyens sont choisis par l’abbé pour faire respecter ses consignes et veiller à l’observance de la règle. Après le IXe siècle, l’existence des doyens monastiques s’est faite plus rare et la fonction est tombée en désuétude. Cependant, des prieurés allemands et, en France actuelle, des prieurés de l’ordre de Cluny ont gardé à leur tête un doyen. (Catholicisme, 5, col. 1070).
    Pour les cathédrales, le doyen est le premier dignitaire et chef du chapitre, notamment dans la moitié nord de la France actuelle : Angers, Autun, Avranches, Bayeux, Besançon, Chalon-sur-Saône, Châlons-en-Champagne, Évreux, Langres, Lisieux, Lyon, après l’exemption capitulaire de 1383, Orléans, Poitiers, Rouen, Sées (jusqu’à la réforme de 1131). En beaucoup d'endroits, il prend au XIe ou au XIIe siècle le pas sur le prévôt dont la dignité est alors supprimée ou vidée de son contenu : à Auxerre, Mâcon, Orléans, Reims, Sens, diocèse de Maurienne… (voir prévôt) Il est en général élu par le chapitre. À Reims, il est en principe élu mais en fait désigné par l'archevêque, le chapitre se contentant de confirmer la nomination. À Auxerre, Orléans, sa désignation par le chapitre doit être confirmée par l'évêque, par le Saint-Siège à Meaux. À Poitiers, le doyen, d'abord désigné conjointement par l'évêque et le chapitre, l'est finalement par les seuls chanoines.
    Avant le XIIe siècle, si l'autorité est exercée par le prévôt, la dignité de doyen occupe la deuxième ou troisième place dans la hiérarchie et sa fonction n’est pas toujours claire. Puis, lorsqu'il n'est pas le premier dignitaire, le doyen peut exister et correspondre à d'autres fonctions. À Cambrai, attesté depuis 1076, il est le deuxième dignitaire du chapitre ; pourvu des ordres majeurs, il est le curé de l'évêque, des chanoines et des chapelains. Pour le chapitre du Puy, entre 1088 et 1128, les actes connus donnent le doyen comme premier dans la composition du chapitre cathédral, mais passent sous silence l’existence d’un éventuel prévôt. Toutefois, en 1142, un acte de l’évêque Umbert d’Albon mentionne le prévôt comme premier du chapitre, sans le doyen. La documentation connue est ensuite extrêmement chiche sur cette question jusqu’en 1202. Faut-il envisager une période de concurrence entre les deux fonctions de prévôt et de doyen, jusqu’à ce que mette en place le compromis apparu en 1202 ? C’est possible, mais ce n’est pas certain. En résumé, il semble qu’aux Xe et XIe siècles le prévôt dirigeait le chapitre du Puy, malgré l’existence concomitante d’un doyen, puis il y a une période de flou de 1088 à 1202, date à partir de laquelle il est clair que le doyen dirige le chapitre, bien que l’office de prévôt subsiste avec des attributions non négligeables.
    Le doyen de Verdun, la première dignité y étant le primicier, a des fonctions spirituelles. Il devient le premier dignitaire du chapitre après l’annexion de la princerie à la mense capitulaire en 1385 ; il doit normalement assurer la direction spirituelle des chanoines, sur lesquels il a la cura animarum. Toutefois, rien ne semble indiquer que le doyen doive forcément être prêtre et plusieurs exemples vont d’ailleurs à l’encontre de ce principe, notamment lors de collations pontificales ; le doyen est toutefois astreint à une résidence personnelle plus stricte que les autres chanoines et dignitaires. À Gap où le premier dignitaire est le doyen, au prévôt revient l’administration du temporel. Au Puy, cohabitent, à partir du XIIIe siècle en tout cas, le doyen, premier dignitaire, et un prévôt qui arrive en second dans la hiérarchie du chapitre. Le premier a la charge de la direction spirituelle du chapitre ; en particulier, c’est lui qui confesse les chanoines, selon les statuts promulgués par Clément IV en 1267. Au second, revient l’administration du temporel du chapitre. Cette répartition des rôles semble durer jusqu’à l’époque moderne. C’est cette répartition que l’on semble observer ailleurs, lorsque cohabitent un prévôt et un doyen quel que soit l’ordre de préséance : au premier revient l’administration temporelle et financière, au second un rôle spirituel. La prédominance du second sur le premier, lorsque ce phénomène existe, refléterait à la fois une préférence accordée à l’action spirituelle sur le matériel et le désir d’accentuer l’indépendance du chapitre par rapport au pouvoir épiscopal puisque le doyen est élu par le chapitre et non nommé par l’évêque. Le doyen d’Évreux a, outre ses fonctions habituelles, autorité sur les grandes écoles dont il nomme le recteur.
    La situation semble différente dans d’autres chapitres. À Metz où le doyen agit comme suppléant du primicier : quand celui-ci est présent, on ne le trouve pas mentionné ; après 1380, lui est confié le contrôle des finances. À Avignon, existent deux offices de doyen, un « doyen administrant » et un « doyen non administrant » ; ils sont chargés de l'approvisionnement en nourriture du chapitre et de l'administration financière.