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Certaines entrées latines renvoient au Glossaire de Du Cange mis en ligne par l’École nationale des chartes. Il s’agit parfois de définitions de sens voisin ou générique, souvent liées à des contextes monastiques plutôt que canoniaux, mais qui donnent de précieuses pistes complémentaires.



  • Abbé abbas
    L'abbé d’un monastère de la ville ou du diocèse peut parfois être considéré comme faisant partie du chapitre cathédral. Il pouvait aussi s’agir de supérieurs de monastères extérieurs au diocèse : étaient chanoines de Coutances, outre l'abbé de Lessay, ceux de Troarn au diocèse de Bayeux, de Saint-Taurin au diocèse d’Évreux et le prieur de Saint-Lô de Rouen. Un cas particulier est celui du chapitre d'Évreux où l'abbé d’un monastère extérieur au diocèse, celui du Bec-Hellouin est non seulement membre du chapitre mais a préséance sur les autres chanoines par décision de l'évêque Lucas en 1207. Au Puy, les abbés des communautés (mal connues) de Saint-Pierre-Latour, du Séguret et de Saint-Vosy, étaient membres du chapitre cathédral. À partir de la seconde moitié du XIIe siècle, les abbés des monastères bénédictins de Cluny et de la Chaise-Dieu disposaient également ès-qualité d’un canonicat au Puy.

  • Anniversaire anniversarium
    Les fondations d’anniversaires sont à l’origine de revenus exceptionnels, qui peuvent générer des flux financiers importants pour les chapitres cathédraux. Ces revenus prennent essentiellement la forme de cens et de pensions : ils sont généralement perçus par les chapitres petit à petit, de manière plus ou moins régulière selon la solvabilité – et parfois la bonne volonté – des fondateurs et surtout de leurs héritiers.
    Tous ces mécanismes impliquent des éléments de gestion et d’administration qui sont organisés dans chaque chapitre pour répondre à des besoins spécifiques : si les enjeux sont globalement les mêmes (enregistrer correctement les fondations pour pouvoir célébrer les anniversaires, suivre le financement et s’en assurer le recouvrement en restant en relation avec les héritiers notamment), les acteurs de la gestion et de l’administration sont spécifiques à chaque chapitre.

  • Archiclavaire archiclaviger
    Équivalent de trésorier : à Arles, Auxerre (mentionné en 1076). À Limoges, il était dit claviger au IXe siècle, archiclavus au Xe, custode (edituus) au XIe s. Celui d’Auxerre prend plus tard le titre de trésorier ; il est nommé par l’évêque avec l’assentiment du chapitre.

  • Archidiacre archidiaconus
    Le nom apparaît au IVe siècle mais la réalité est plus ancienne. Alors agent personnel de l’évêque qui le nomme, il préside à l’origine la distribution des aumônes puis exerce une autorité disciplinaire sur le clergé (Catholicisme, I, col. 785-786). À partir du VIe siècle sont apparus en Gaule, à côté de l’archidiacre de la cité épiscopale, des archidiacres ruraux qui avaient autorité sur une portion du diocèse.
    L’archidiacre intègre le chapitre canonial lorsque celui-ci apparaît et en est ainsi le plus ancien dignitaire. Mais il reste d'abord un collaborateur de l'évêque. Il est nommé par lui et l’est durant tout le Moyen Âge. Cas particulier, les archidiacres de Toulouse sont choisis en son sein par le chapitre, l'évêque n'intervenant que si le chapitre n'a pas de candidat. À Toul, l’archidiacre majeur, contrairement aux cinq autres archidiacres, n’est pas nommé par l’évêque mais par le chapitre collégial de Saint-Gengoult dont il est de droit le prévôt.
    On note quelques apparitions tardives de cette fonction : elle n'est créée qu'en 1306 à Carpentras, n'apparaît à Arles que dans les statuts de 1369. À Dax au contraire, les archidiacres ont été supprimés au début du XIVe siècle, remplacés dans leur fonction par les archiprêtres, dépendant plus étroitement du pouvoir épiscopal.
    La fonction essentielle de l'archidiacre est la surveillance générale de la vie du clergé et de la vie religieuse dans sa circonscription ; à ce titre, il lui arrive de disposer d’une officialité qui peut être fixe ou itinérante (à Paris, Reims, Châlons-en-Champagne, Chalon-sur-Saône) ; à Saint-Paul-Trois-Châteaux, l’archidiacre est en même temps chancelier de l'évêque.
    Bien que dignitaire ou personnat du chapitre dans le Moyen Âge central, l'archidiacre ne joue qu’un rôle limité dans la vie de la communauté. Au Mans et à Toul, les archidiacres ne font même pas partie du chapitre.
    Dans les diocèses de faible étendue (sud de la France actuelle), il n'existe qu'un seul archidiacre par diocèse : Aix-en-Provence, Cavaillon, Lombez, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Viviers..., parfois deux comme à Avignon (archidiacres d'Avignon et de Saint-Paul-de-Mausole) et à Agen (archidiacres de Montaut et de Bezeaume). Dans les diocèses plus vastes, dans la France actuelle du Nord notamment, le nombre des archidiacres est plus élevé : il en existait trois à Angers, Évreux, Narbonne et Verdun, quatre à Autun, Châlons-en-Champagne, Coutances, Limoges, Mâcon, Toulouse et Sens, cinq à Besançon et Vienne, six à Cambrai, Langres, Rouen et Toul... ; à Auch, leur nombre passe de cinq au XIe siècle à neuf au XIIIe siècle. Ces dignités portent le nom des centres de leurs circonscriptions : archidiacres d'Autun, Avallon, Flavigny et Beaune pour l'évêché d'Autun ; ou le nom d'une région : archidiacres d'Outre-Loire et d'Outre-Maine pour Angers. L'archidiacre dont la circonscription a la cité épiscopale comme centre, est souvent désigné sous le nom de « grand archidiacre » ou « archidiacre mage » ou « majeur » (Amiens, Avignon, Besançon) ; à Autun, Chalon et Toul, c'est « l'archidiacre majeur » (archidiaconus major) ou « cardinal » (archidiaconus cardinalis). Cet archidiacre est un plus haut dignitaire que ses collègues ; à Besançon il est dignitaire alors que les autres sont personnats. À Mende, où la fonction est purement honorifique, il préside les assemblées capitulaires en l'absence du prévôt. À Verdun, l’archidiacre d’Argonne était aussi prévôt de la collégiale Saint-Germain de Montfaucon.
    Dans les diocèses du Languedoc et de Catalogne, le grand archidiacre est en même temps le premier dignitaire du chapitre, correspondant au doyen ou au prévôt dans d'autres régions : à Agen, Béziers, Carcassonne, Narbonne, Rodez...

    Voir la liste des archidiaconés.

  • Archiprêtre archipresbyter
    L’archiprêtre joue dans certains diocèses de Provence un rôle ailleurs dévolu aux archidiacres, en lien avec une entité territoriale, pastorale ou domaniale. À partir du milieu du XIIIe siècle, les diocèses d’Aix, Gap et Embrun, qui se singularisent par leur étendue, disposent de plusieurs archiprêtres attachés à une zone diocésaine et membres du chapitre cathédral. Mais on ignore s’ils disposaient d’une autorité sur le clergé paroissial. Dans le diocèse d’Aix, existaient ainsi l’archiprêtre d’Aix ou de Citra Durentiam et celui du Pays d’Aygues (Ayguesii) ou d’Outre-Durance (Ultra Durentiam). Dans le diocèse d’Embrun, un archiprêtre de Vars (vallée de l’Ubaye) coexiste avec celui d’Embrun. Dans le diocèse de Gap, on dénombre l’archiprêtre de Gap, celui d’Outre-Durance, celui de Champsaur (Campis Sauri) et celui du Rosanais.

    Les archiprêtres émergent dans les dernières années du XIIe siècle dans le diocèse de Clermont. Par la suite, sur un total de 97 clercs connus comme ayant été archiprêtres entre 1200 et 1500, 21 ont été en même temps chanoines de la cathédrale, 7 ont été archiprêtres avant d’entrer au chapitre cathédral, 69 ne sont connus que comme archiprêtres. Tous les archiprêtres de Clermont étaient en même temps chanoines de la cathédrale.

  • Aumônier elemosinarius
    Officier chargé du service de l’aumône, des distributions aux pauvres. Existe surtout dans les communautés régulières méridionales, à Arles, Auch, Maguelone, Nîmes, Orange. Mais aussi à Rouen à partir de 1194, à Metz où l’aumônier dirige un hôpital destiné aux pauvres clercs, attesté à partir du début du XIVe siècle (il est assisté par un petit aumônier). À Maguelone, l’aumônier a la charge des funérailles de toute personne décédée sur l’île, clerc ou laïc.

  • Bailli, bayle, baile bajulus
    À Mende, deux baillis, élus annuellement, administrent les biens du chapitre.

  • Bedeau bedellatus, bedellus
    Officier, sous l’autorité du sacriste, laïc ou simple clerc, il est chargé de la police de l’église, d’ouvrir et de fermer les portes. Celui de Narbonne est le gardien du chœur. Celui de Mende est mentionné dans un statut de 1362 ; il assiste aux assemblées capitulaires, convoque les chanoines.

  • Boursier borserius, burserius
    Il y a à Metz deux officiers clairement chargés de la tenue des comptes : le grand et le petit boursier. Il semble que le grand boursier s'occupe des revenus ordinaires liés aux possessions foncières du chapitre, aux dîmes, et aux produits agricoles. Le petit boursier serait plutôt chargé de divers droits générant des revenus : la maltôte, les tonlieux, les fondations et anniversaires. Ces deux offices sont annuels. Chacun d'eux semble tenir ses comptes séparément, tout en alimentant la prébende : ils donnent chaque année une estimation de la prébende séparée pour la grande et la petite bourse. La prébende semble être théoriquement égalitaire pour tous les chanoines, à l'exclusion des dignitaires pourvus de leur propre mense. Les boursiers perçoivent les entrées d'argent mais ne s'occupent pas directement de la gestion des biens du chapitre. Ceux-ci sont administrés différemment selon leur localisation en ville ou à la campagne.
    À l’hôtel-Dieu de Paris, le boursier, sous l’autorité du maître, assure la gestion des finances de cette institution.

  • Capiscol caput scolae, capiscolus, cabiscolis
    Nom donné au préchantre dans la France actuelle méridionale ; le plus souvent, les deux termes sont utilisés indifféremment comme à Avignon, Béziers, Carpentras, Narbonne, Nîmes, Toulouse, Valence, Viviers… L’usage des deux termes indique bien la double fonction de ce personnage : responsabilité du service du chœur, notamment du chant, et direction de la scola, donc l’enseignement des petits clercs.
    À Auch, il existait deux capiscols qui portaient aussi le nom de primiciers. À Vienne, un seul capiscol est connu en 1036 mais deux chantres le sont en 1125 et, en 1328, on trouve mentionnés, par ordre de préséance, le préchantre, le sous-chantre et le capiscol qui sont donc des charges distinctes. Les statuts de 1385 attribuent au capiscol les mêmes fonctions qui sont celles, à Arles, du préchantre : il se doit de « diriger le chœur, de corriger les défauts du chant liturgique », d’assurer chaque samedi et veilles de fête une répétition pour apprendre aux clercs du bas-chœur et aux clergeons « les répons par cœur », de punir « les clercs négligents ou rebelles ».