CR 27 juin 2003

Compte rendu de la réunion de l'équipe des Fasti du 27 juin 2003

 

Informations Générales

Le tome 7 des Fasti, Diocèse d’Angers, par Jean-Michel Matz et François Comte est sous presse. Le tome 8, Diocèse de Mende par Philippe Maurice est en fin de préparation à Orléans. Le tome 9, Diocèse de Sées, attend la contribution de Jean-Pascal Foucher sur les bâtiments canoniaux pour prendre rang dans la filière.

De nouvelles procédures d’édition sont en cours d’élaboration par un informaticien de chez Brepols. Les premiers essais sont enthousiasmants, mais les finitions traînent en longueur. Les bases de données pourront bientôt être élaborées sous ACCESS sans que soient pour autant éliminées les possibilités de travailler sous Dbase ou sous 4D.

Henri Hours, qui devait nous présenter ses réflexions suite à ses travaux sur deux chapitres très dissemblables par les sources et les institutions (Besançon et Clermont), a dû renoncer à participer à notre réunion, la date des cérémonies d’inauguration des nouveaux dont il a la responsabilité à Clermont ayant été modifiée tardivement par son ministre de tutelle. Nous l’entendrons sur ce même sujet à la réunion d’hiver. Un exposé d’Hélène Millet nous a été proposé en remplacement en fin de séance.

Les doctorants désireux de mener des recherches à Rome peuvent candidater pour une bourse d’un mois auprès de l’École française de Rome ; leurs chances de succès seront encore accrues s’ils acceptent de travailler durant leur séjour environ 3 heures par jour à l’informatisation du fichier Lesellier, lequel peut aussi nourrir leurs propres recherches. Pour un séjour au second semestre 2004, dépôt des dossiers en mars (attestations à prévoir).

Plusieurs DEA ont été récemment soutenus sur des sujets qui intéressent directement l’équipe des Fasti :

  • Amandine Le Roux, Les collecteurs pontificaux dans le royaume de France (xive-xve siècles).
  • Sophie Vallery-Radot, Les participants français au concile de Constance.
  • Émilie Rosenblieh Les problèmes de juridiction ecclésiastique sous le concile de Bâle dans le diocèse de Paris.
  • Hugues Labarthe, Les choix des prélats de Gascogne face au Grand Schisme d’Occident.

Yann Dahhaoui remercie les personnes qui lui ont communiqué des renseignements sur la fête des fous.

Jean Chapelot, directeur de recherche au CNRS, souhaiterait promouvoir une rencontre sur les Saintes-Chapelles. Que les chercheurs intéressés se fassent connaître.

Le quartier canonial de Sens, par Denis Cailleaux

Cet exposé fait suite à la présentation de la notice institutionnelle sur le diocèse de Sens par Vincent Tabbagh l’hiver dernier.

Le quartier, développé sur le flanc nord d’un des premiers édifices gothiques, est entièrement clos, au nord par l’enceinte urbaine, ailleurs par une muraille interne à la ville. L’organisation du quartier subit peu de bouleversements jusqu’au xviiie siècle où il est éventré du nord au sud par la nouvelle route Paris-Lyon. Il est entouré par 5 portes, l’une correspondant à une porte de l’enceinte urbaine (la porte Saint-Antoine ou porte Gilon), les 4 autres étant des portes internes à la ville. Des portes secondaires ont été aménagées pendant la guerre de Cent ans, dont l’une permettait l’accès des gens et des soldats à la porte Saint-Antoine. À l'intérieur du quartier, ce n’est pas une seule rue qui s’étend mais un ensemble de rues et de ruelles, ainsi qu’une vaste place. Le tout représente un cinquième de la surface de la ville. Le quartier se trouve à l’intersection de deux artères majeures de la cité antique, puisque la cathédrale est située presque au centre de l’enceinte urbaine ovale édifiée au ive siècle. De ce fait, la fermeture périodique du quartier canonial oblige les Sénonais à faire des détours.

Pourtant, l’emplacement de ce quartier est quasiment vide pendant tout le Haut Moyen Âge. Les premiers édifices chrétiens se sont développés dans un faubourg à l’est de la ville (Saint-Savinien). A l’emplacement de la cathédrale devait exister un groupe épiscopal avec trois basiliques. Les fouilles ont révélé à cet endroit la présence de chrismes, de bains publics et de peignes en os. Vers 968, un incendie aurait permis une réorganisation du quartier, en attribuant aux chanoines les terrains au nord de la cathédrale et au palais épiscopal les terrains au sud. Quoi qu’il en soit, ce quartier n’est attesté de façon certaine par les sources que par un acte de 1132, une charte du roi Louis VI qui permet la création de murs et de fossés. Le quartier canonial semble donc contemporain de la reconstruction de la cathédrale.

Ce quartier abritait les bâtiments communs du chapitre dont il reste peu de vestiges aujourd’hui. La salle capitulaire communiquait avec la cathédrale par un couloir et un revestiaire, et était peut-être parallèle à la cathédrale. Elle n’est pas mentionnée avant les années 1407-1410 et est de toute façon reconstruite au xviiie siècle. La maison de l’archidiacre de Sens était située juste au nord de la salle capitulaire et possédait un auditoire. Celui-ci était bordé des prisons dites du chapitre qui ont subsisté jusqu’au xvie siècle : mais étaient-ce des prisons communes au chapitre et à l’archidiacre ? Il existait aussi dans le quartier un auditoire du bailli (puisque le chapitre disposait de son propre bailli ). Le cellier du chapitre, appelé halle au pain car on distribuait les pains du chapitre à l’étage, se trouvait près du portail nord de la cathédrale. Il n’en reste rien aujourd’hui, contrairement à un grand bâtiment voisin à 2 niveaux, très modifié au cours des siècles, qui était la manécanterie au xviiie siècle et peut-être le réfectoire au Moyen Âge.

Ces bâtiments canoniaux étaient bordés de divers bâtiments de service, dont la maison de l’œuvre (c’est un local « technique » - Le maître de l’œuvre résidait ailleurs, hors du cloître), près de la grande place devant la cathédrale, qui a été tardivement remplacée par la bibliothèque du chapitre (auparavant, les livres étaient dispersés). Un puits se trouvait au centre de la place du quartier. En revanche, aucune mention n’est faite d’un cloître « architectural » du chapitre, on indique simplement des « allées du chapitre », des « galeries devers le chapitre ». Il n’y a pas trace non plus d’école capitulaire, qui devait souffrir de la concurrence d’Orléans et de Paris, ni de cimetière à l’intérieur de l’enceinte. Les chanoines sont enterrés à Saint-Sauveur-des-Vignes, un prieur é augustin dépendant de l’abbaye Saint-Jean et situé au nord de la ville, tandis qu’à partir du xiiie siècle, un prieur é puis abbaye Saint-Paul-sur-Vanne, ordre de Prémontré, accueille uniquement les dignitaires. Les chanoines maintiennent ainsi les tradi­tions romaines de rejet des morts au-delà des murailles de la ville, même si à partir de 1340 les cadavres peuvent être enterrés en ville, au grand bénéfice des mendiants, et dans la cathédrale.

Dans le même quartier se trouvent les maisons individuelles des chanoines, remplacées par des hôtels canoniaux à l’époque moderne. Elles étaient pour certaines construites en pierres dès le xiiie siècle, mais on ne connaît pas leur disposition intérieure ni leur affectation. Au xve siècle, quelques maisons semblent réservées à des dignitaires, notamment au grand archidiacre qui aurait disposé de la maison avec l’auditoire, et à l’archidiacre d’Étampes.

Le quartier du cloître abritait aussi deux chapelles. Saint-Cyr, disparue, a été bâtie par l’archevêque Richer en l’honneur de quatre chanoines malades, peut-être au xe siècle. C’est un exemple de chapelle desservie par un petit collège, une collégiale. Mentionnée seulement au xiiie siècle, elle tombe en ruine dès 1450 et est détruite vers 1735 : c’était un hangar de dimensions modestes, une simple toiture reposant sur 2 murs gouttereaux et prenant appui sur les constructions voisines. La chapelle Sainte-Anne dont la voûte carénée existe encore aujourd’hui, était desservie par 3 ou 4 chapelains dans la maison d’un chanoine et avait été fondée par le trésorier de Sens.

À ce quartier canonial, étaient liés l’hôtel-Dieu contrôlé par le chapitre au xve siècle, ainsi que le palais épiscopal sur le flanc sud de la cathédral, un ensemble complexe avec son palais synodal et la chapelle Saint-Laurent, chapelle de l’archevêque mais aussi collégiale à partir de 1367. L’abondance des chapelles dans le quartier canonial se justifie par la rareté des chapelles fondées dans la cathédrale.

Ainsi, le chapitre est le responsable de la reconstruction complète d’un sixième de la ville entre 1150 et 1210.

Les primaties et l'Eglise de France, par Fabrice Delivré

Les primaties ont d’abord pour objectif de limiter l’influence du pape dans les affaires de l’Église de France. C’est ce que l’on peut constater à travers la création des officialités primatiales. Ce tribunal ecclésiastique apparu au xve siècle reçoit les appels de l’officialité métropolitaine. Il permet donc d’établir un échelon supplémentaire avant le pape et de limiter les appels au territoire français. Ces officialités primatiales sont très discrètes : les sources sont peu nombreuses (des registres de comptes, quelques sentences ou bien des lettres de citation à comparaître devant l’official primatial), elles n’ont pas de locaux spécifiques (à Lyon, en 1489, Antoine de Chalon, évêque d’Autun, administrateur du siège de l’archevêque, siège dans le même lieu que l’officialité métropolitaine) ni forcément de personnel propre (la charge d’official de la primatie se confondant avec la charge du doyen du chapitre). Peu à peu, cette officialité primatiale s’individualise et du personnel apparaît (au milieu du xve siècle à Lyon, sous l’impulsion d’Amédée de Talaru). Ces officialités sont contestées, notamment dans leurs procédures de citation, et sont sévèrement encadrées (par exemple, dans les délais d’appel).

La création d’officialités dans les différents sièges métropolitains, comme à Sens ou à Narbonne dès le milieu du xve siècle, permet par ailleurs d’échapper à la mainmise de l’officialité de Lyon, même si le ressort de ces officialités est limité à la seule province. Au cours du xve siècle, les archevêques français se parent du titre de primat, voire du titre de « patriarche » mineur, ce qui a des retentissements sur la désignation du personnel ecclésiastique. Ainsi, une vingtaine d’élections épiscopales font intervenir des primats, comme celle de Louis d’Harcourt à Rouen au cours de laquelle le chapitre traite avec les archevêques de Lyon et de Vienne. Certaines visites épiscopales sont menées par des primats, tandis que certains évêques conduisent des procès pour obtenir une primatie.

Enfin, ces primats interviennent directement dans le monde des chanoines par l’intermédiaire des lettres de collation qu’ils remettent à certains ecclésiastiques. C’est une pratique méconnue mais réelle au xve siècle sous le régime de la Pragmatique Sanction. Ainsi, Alain Olivier est nommé chanoine de Rouen sur nomination de l’archevêque de Lyon : c’est une collation « ordinaire » en apparence (car elle n’est pas faite par l’évêque) mais il faudrait en fait créer une catégorie « collation primatiale » dans le champ concerné dans la base de données pour éviter toute ambiguïté. Ces interventions du primat peuvent être motivées par la négligence de l’évêque ou de l’archevêque local (c’est le cas dans l’exemple rouennais).

Ainsi, toutes ces pratiques correspondent à une volonté manifeste de l’Église de France de s’affirmer face à l’Église universelle de Rome, de même qu’au désir de certains évêques de se distinguer.

Discussion sur le site internet des Fasti

Que peut-on y mettre afin qu’il devienne un outil au lieu d’une vitrine ?

Les outils de travail pourraient être mis en ligne. Certains le sont déjà, comme la liste des archidiaconés. Quant à la bibliographie canoniale, plusieurs écueils sont à éviter, en particulier qu’elle paraisse faire doublon avec les bibliographies éditées dans les volumes ou qu’elle pêche par un évident manque d’exhaustivité. Certains proposent d’intégrer au site le fichier des participants au concile de Bâle, voire la base du Parlement de Paris, mais ce sont des fichiers très lourds et des problèmes de droits pourraient survenir. L’établissement éventuel d’un mot de passe pour accéder à certaines parties du site est évoqué. Enfin, il serait possible – et c’est peut-être ce qui pose le moins de difficultés pour l’instant – d’utiliser le site pour échanger les informations qui figuraient jusqu’à présent dans la « boîte » ; elle pourrait désormais être mise à jour quotidiennement et consultable sans délai.

Sous quelle forme diffuser certaines informations ?

Un forum pourrait permettre une diffusion large et des discussions animées. Mais il faudrait l’autorisation de Paris I (qui héberge déjà le site) pour le faire fonctionner. Par ailleurs, il faudrait choisir entre un forum ouvert à tous mais facile à polluer, ou un forum contrôlé mais demandant une gestion lourde. Enfin, un forum sans participants – ou rempli de trolls – serait une très mauvaise publicité pour l’équipe des Fasti…L’idée n’est donc pas retenue.

En revanche, une liste de diffusion ne nécessite pas d’hébergement particulier, tout en permettant les échanges (les listes de diffusion fonctionnent comme – je simplifie beaucoup – un service de courrier électronique dédié à un seul sujet). Il en existe déjà une sur Menestrel. Le seul problème serait de trouver un service gratuit et qui ne propose pas de publicité. Mais les connaissances de Jean-Nicolas Rondeau ou de Jean-François Cauche dans ce domaine devraient nous permettre de trouver la solution qui correspond à nos attentes.

Echange : qu'est-ce qu'un "concanonicus" ?

La question a été posée par Fabrice Ryckebusch, surpris de trouver ce terme dans le Livre rouge de Dax. Selon Charles de Miramon (Les donnés au Moyen Age), il désigne un lien spécifique entre des individus, hommes ou femmes, laïcs, qui reçoivent de la nourriture au chapitre et conservent ce qui est appelé une prébende pendant toute la durée de leur vie. C’est ce qu’il a pu observer à Huesca et à Saragosse au xiie siècle. Selon V. Tabbagh, ces co-chanoines correspondraient à une autre organisation de la communauté, empreinte de régularité, dans laquelle le nombre des prébendes et de chanoines n’est pas fixé et où il pourrait y avoir des chanoines « associés ».

Cependant, la définition la plus commune semble être celui de « confrère » ou « collègue » au sein d’un même chapitre, ce terme étant employé par un chanoine pour parler d’un autre chanoine. Cette définition à usage interne est d’une banalité totale pour les époques postérieures et au nord de la Loire.

Le régime de collation des bénéfices à l'époque du Grand Schisme d'Occident, par Hélène Millet

L’objectif de cet exposé est de dégager des principes généraux susceptibles d’aider à comprendre comment fonctionna le système des collations bénéficiales à une époque réputée pour avoir voulu retourner à un régime « ordinaire » de collation des bénéfices. A Laon comme ailleurs, ce qu’il faut entendre par « collateur ordinaire » est rarement indiqué de façon explicite par les documents. Pour le chapitre de la cathédrale, en général c’est l’évêque, mais ce peut être le chapitre ou une combinaison des deux en alternance : il faut relever avec la plus grande minutie les indications que donnent les sources à ce sujet. Avec le développement des réserves pontificales après 1265 et l’inflation du nombre des expectatives au début du XIVème siècle, le collateur « extraordinaire » qu’est le pape tend à supplanter l’ordinaire. Au début du schisme, le rôle du pape est tellement écrasant qu’il délivre des indults aux évêques, lors de leur consécration par exemple, ou à des princes laïcs pour qu’ils bénéficient de l’autorité extraordinaire pour la désignation des titulaires de certains bénéfices. Il devient alors très difficile de démêler les droits des multiples candidats à une même prébende.

Cette ligne générale de l’évolution est stoppée lors de la première soustraction d’obédience, officiellement proclamée à Paris le 28 juillet 1398. L’autorité du pape étant récusée, celle des ordinaires est alors censée retrouver son efficacité. Mais seules les sources locales permettent d’apprécier à partir de quand la nouvelle loi fut appliquée dans les diocèses du royaume et du Dauphiné. Une chose est en revanche tout à fait certaine : la nouvelle loi fut appliquée, même par des évêques qui, tel celui de Rodez, avaient voté contre la soustraction d’obédience. On sait en effet que, le 10 mars 1401, chapitre et évêque ruthénois s’accordèrent sur ce qu’était le « régime ordinaire » : ils étaient collateur à tour de rôle, sauf pour la dignité de sacriste , toujours conférée par l’évêque, lequel était tenu de choisir un clerc déjà chanoine. En 1399, l’université de Paris prit conscience que le retour au système ordinaire lésait les intérêts des siens. Au terme d’une grève mémorable, on convint d’établir un tour de rôle obligatoire non seulement pour les universitaires mais aussi pour les serviteurs de la couronne, avec l’établissement de listes centralisées de candidats aux bénéfices (cf. l’ordonnance supposée de 1408 éditée par du Boulay, Historia universitatis parisiensis, Paris, 1670, t.5, p.186-188, à dater en réalité du 20 mars 1400). On peine à percevoir la manière dont fonctionna ce système, normalement en vigueur jusqu’à la restitution d’obéissance à Benoît XIII le 28 mai 1403.

Le pape renoua immédiatement avec ses anciennes habitudes extraordinaires, et, malgré les réclamations de certains, la validité des collations intervenues durant la soustraction ne fut pas remise en cause. La difficulté est ici de savoir jusqu’à quand dura cette nouvelle période de domination pontificale. En effet, le 18 février 1407 fut scellée une ordonnance rétablissant un régime de collation ordinaire, dont l’application fut repoussée tant qu’il y eut un espoir de voir Benoît XIII s’engager dans un processus d’union avec son adversaire. Mais les évêques les plus « gallicans » durent devancer la date officielle de promulgation de cette ordonnance, à savoir le 14 mai 1408.

La période qui suivit trouva un terme facile à établir avec l’élection d’Alexandre V à Pise le 7 juillet 1409. En attendant, le régime des collations sous lequel vécut le royaume et le Dauphiné durant cette période de neutralité (improprement dénommée seconde soustraction) fut clairement défini à partir de Noël 1408 (voir les documents édités par du Boulay, p.175-186). Après avoir conféré un bénéfice au candidat de leur choix, les ordinaires devaient se reporter à une liste de postulants établie de façon centralisée par quatre commissaires aux bénéfices, lesquels devaient se conformer à des règles d’équivalence entre grades universitaires et fonctions exercées au service de la couronne. Plusieurs sources attestant le fonctionnement de ce système ont été retrouvées.

A son avènement, Alexandre V annonça qu’il laisserait aux ordinaires le soin de pourvoir librement aux bénéfices une fois sur quatre. Qu’en fut-il dans les faits et jusqu’à la déposition de son successeur, Jean XXIII, par le concile de Constance, le 29 mai 1415 ? Les sources montrent surtout un retour en force des procédures extraordinaires et la multiplication des procès en matière bénéficiale aussi bien devant le parlement de Paris qu’en Curie.

Le mystère est encore plus épais pour la période de vacance pontificale qui s’étendit jusqu’au 11 novembre 1417, date de l’élection de Martin V. Celui-ci passa un accord avec les représentants de la nation française au concile de Constance le 2 mai 1418 : pape et ordinaire devaient alterner dans la collation des bénéfices. Mais il ne faut pas oublier qu’une notable partie de la France était alors «anglaise »…

Deux conclusions à cette histoire : en l’absence d’indication précise sur l’identité du collateur d’une prébende à cette époque, s’abstenir de toute supputation. Le principe d’une alternance entre ordinaire et pape tendit ensuite à s’affirmer, avec des modalités d’application éminemment variables, établies unilatéralement ou au terme d’un concordat.

Date réunion
27-06-2003